C’est dans un salon de l’Assemblée nationale, que l’association Grignywood réunissait ses soutiens et partenaires, fin février, pour faire le point sur son projet phare. Conduit depuis 7 ans par les membres de l’association grignoise, « Maire de ma ville » est un concours de chant à destination de jeunes, sur l’exercice imposé de la citoyenneté. Le déroulé est celui d’un casting de jeunes chanteurs dans une ville, puis une phase de coaching et d’accompagnement, jusqu’à l’aboutissement du travail : l’enregistrement d’un titre où le chanteur en herbe doit décrire ce qu’il ferait si il était aux commandes de sa commune.

« La musique est un grand vecteur d’éducation populaire », présente Omar Dawson à son auditoire du jour, réuni à l’aide du député de la circonscription de Grigny, Pierre-Alain Raphan. Le fondateur de GrignyWood a conceptualisé puis mené avec les membres de l’association grignoise le projet « Maire de ma ville ». A la base, l’idée était de « faire changer les mentalités », en promouvant des « valeurs collectives » à travers un concours de chant. D’où ce projet tourné principalement vers la musique pour « donner aux jeunes un mode d’expression positif ».

Une fois le lieu choisi, une ville ou un quartier, un grand casting est lancé auprès des 15–20 ans, pour toucher plusieurs dizaines de garçons et filles qui vont s’inscrire dans la démarche. Une sélection est ensuite effectuée, et les jeunes vont alors suivre des cessions d’atelier d’écriture, « un peu comme The Voice, avec un casting ‘conscient’ » et même « visiter leur ville et y rencontrer les acteurs ». Un enregistrement de leur couplet est finalement réalisé, en vidéo, puis un vote en ligne permet de départager les prétendants. Ceux-ci se produisent parfois dans un concert de restitution, ou se voient gratifier de lots.

En route pour NYC

Très rapidement, le concept plait, et l’association parvient à convaincre plusieurs partenaires, collectivités comme fondations, de les suivre dans l’aventure. Le résultat : des récompenses toujours plus folles, qui donne au projet une résonance internationale. « Au départ on pressait 300 CD, ce qui est déjà un très beau lot » rapporte Omar Dawson, puis d’année en année, au fil des éditions, « on est passés à une échelle de plus en plus importante », en emmenant par exemple les jeunes lauréats au fameux studio Quad de New York, pour y enregistrer un titre et tourner leur clip dans la grosse pomme. « C’était pour les motiver, pour qu’ils rêvent », se réjouit le fondateur de « Maire de ma ville ». Après avoir fait tourner le projet dans plusieurs villes du pays, GrignyWood a désormais dupliqué le concept en Belgique, aux Etats-Unis, en Australie ou encore au Sénégal, où une équipe monte actuellement le concours dans la capitale Dakar.

« Les problèmes que vous avez avec la jeunesse, ici en France, on les retrouve partout dans le monde », témoigne ainsi Mam Ly, le coordinateur de l’antenne dakaroise de « Maire de ma ville ». Ce dernier compte bien « ouvrir les esprits » des jeunes dans son pays, avec ce projet, « qui met en avant la citoyenneté ». Prochaine étape pour GrignyWood et Omar Dawson ? Glaner de nouveaux partenaires et soutiens dans leur démarche, et monter de nouveaux projets citoyens, comme actuellement « Si j’étais président » dans la commune d’Orly (94). Mais surtout pour ces Grignois, rester en avance sur leur temps, ou comme ils aiment le dire : « dans le tur-fu ».