Des compagnons fidèles et des tempéraments chauds forment la vie primitive des fous de Bassan.

PERCE, Québec (AP) – Les fous de Bassan partagent deux maximes familières aux humains : « home sweet home » et « don’tread on me ».

Ils se rassemblent sur le plateau de l’île Bonaventure comme les banlieusards new-yorkais dans le métro, mais ils sont plus bruyants. Ils sont des parents dévoués et pourraient apprendre aux humains une chose ou deux sur la loyauté dans le mariage.

Année après année, les couples de fous de Bassan viennent séparément des eaux lointaines et dispersées de l’Atlantique pour se réunir, s’accoupler à nouveau et élever de nouveaux poussins sur les lieux de nidification précis qu’ils appelaient leur maison avant de partir vers le sud pour l’hiver.

L’île située au large de la Gaspésie, au Québec, offre un aperçu remarquable des fous de Bassan, car ils sont facilement accessibles en grand nombre, semblent ignorer les humains et, contrairement à de nombreuses espèces d’oiseaux marins, acceptent d’être étudiés et marqués.

Leurs efforts pour se nourrir et se reproduire dans un climat en réchauffement sont suivis de près par les scientifiques.

Quelques-unes des leçons apprises ici et dans d’autres colonies sur la vie des fous de Bassan :

MATES POUR LA VIE : Les fous de Bassan semblent être plus doués que les humains pour la monogamie, même s’ils passent la moitié de l’année séparés, ou peut-être à cause de cela.

Le biologiste marin David Pelletier, un expert du comportement de leurs nids qui enseigne au Cégep de Rimouski, a constaté que 69 % restent « fidèles », c’est-à-dire qu’ils se reproduisent avec le même partenaire pour la vie ; 22 % sont « divorcés », c’est-à-dire qu’ils trouvent de nouveaux partenaires ; 9 % sont veufs.

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En revanche, environ un tiers des Américains qui ont déjà été mariés ont connu le divorce.

OUI, MAIS : Selon les scientifiques, tout est question de base, pas de romance – mais sait-on vraiment ce qu’il y a dans le cœur d’un fou de Bassan ?

« Les fous de Bassan sont avant tout fidèles à leur territoire, ce qui explique qu’ils soient encore assez fidèles à leur partenaire », a déclaré Pelletier.

Ce besoin primal de se retrouver sur la même parcelle de terrain s’accompagne d’une hostilité frappante envers les intrus du voisinage. Les oiseaux ne veulent pas que le fou de Bassan voisin pénètre dans leur territoire, même s’ils résident à une distance d’à peine une envergure. C’est là que les choses se gâtent. Ils se mordent, crient et peuvent se battre jusqu’à l’épuisement, voire la mort.

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PARENTHOOD : Les partenaires se relaient pour aller chercher du poisson en mer et nourrir les jeunes. Ils sont si déterminés à nourrir leurs petits que ces derniers deviennent plus gros et plus gras que leurs parents au moment de la migration hivernale vers le sud. Ils brûleront cette graisse en mer en apprenant, avec le temps, à plonger et à voler comme les grands.

OUI, MAIS : Un oisillon qui s’éloigne du nid est en grand danger, tant de la part des autres fous adultes qui peuvent l’attaquer comme un intrus que de la part de ses propres parents, qui peuvent ne pas le reconnaître comme le leur lorsqu’il revient.

« A quelques semaines, s’il est attaqué par des fous de Bassan adultes, c’est fatal – qu’il s’agisse de ses parents ou non », a déclaré Pelletier. « En grandissant, le poussin développe un cou solide qui lui permet de résister aux attaques d’autres fous de Bassan ».

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GANNET-SPEAK : Les oiseaux font du bruit avec leurs appels et leurs claquements rauques, mais leur communication est une affaire de corps entier.

Un fou de Bassan seul sur le nid secoue souvent la tête d’un côté à l’autre, puis plonge la tête sous chaque aile comme pour vérifier l’odeur corporelle. Traduction : reste à l’écart ou sinon.

Un fou de Bassan affamé indique à son compagnon qu’il quitte le nid pour aller pêcher en pointant son bec vers le ciel.

Un fou de Bassan qui revient au nid est accueilli par son partenaire avec un clic-clac-clac-clac de becs qui les fait ressembler à des acteurs s’affrontant dans un vieux film de série B.

Si un poussin picore le bec d’un parent, il demande de la nourriture, qui se présente sous la forme de poisson partiellement digéré. Miam.

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