« Le Département laisse la médiathèque ouverte. Il n’a jamais été question de la fermer ». Vice-présidente du Conseil départemental affiliée à la Culture, Aurélie Gros se montre catégorique au moment d’évoquer l’avenir de la médiathèque Lazare Carnot de la Ferté-Alais. Si de nombreuses rumeurs courent depuis de longues semaines et notamment depuis cette pétition lancée juste avant Noël par une association de la commune, la médiathèque de la Ferté-Alais a vraisemblablement encore un avenir dans le Sud de l’Essonne. C’est du moins ce qu’affirment les élus. « La gestion de la médiathèque de la Ferté-Alais n’est pas une compétence du Département, c’est pour ça que l’on était partis sur l’idée de transférer la médiathèque à la Communauté de Communes du Val d’Essonne (CCVE) », concède tout de même Aurélie Gros.

Un transfert a priori compliqué pour la CCVE, et déjà refusé à plusieurs reprises par les différents maires de la communauté de communes. « Ce qui se passe, c’est que nous n’avons pas la compétence médiathèque à la Communauté de communes. Il aurait fallu modifier notre statut, prendre la compétence, et donc reprendre toutes les médiathèques de la CCVE. Mais les maires de l’intercommunalité, propriétaires de médiathèques, ont tous refusé de laisser leur médiathèque lors des conseils communautaires », assure Patrick Imbert, président de la CCVE, avant de s’attaquer à la pétition. « J’ai été particulièrement étonné de voir cette pétition. C’est beaucoup de bruit pour rien. En aucun cas il n’a été question de fermer la médiathèque, les élus d’opposition se sont trompés de débat ».

Statu quo

Si elle ne se considère pas comme une élue d’opposition, Katia Merlen, présidente de l’association « Pour la Ferté Alais » et instigatrice de la pétition, s’offusque de la manière dont les choses avancent. « En 2016 déjà, le président de la CCVE avait pris contact avec la mairie pour savoir si la commune était intéressée par la reprise de la médiathèque. A l’époque on avait déjà demandé d’alerter les Fertois pour qu’ils se mobilisent, et aujourd’hui, il n’y a toujours aucune information concrète de la part de la ville. Rien n’est fait », s’étonne-t-elle encore. « Cette pétition c’est pour sensibiliser les gens. Une fermeture serait grave pour la commune. »

Cette pétition lancée fin décembre a bien eu l’effet escompté. Ils sont à ce jour 1 785 à l’avoir signé, soit, pas loin de la moitié des personnes qui la fréquentent dans l’année. Parmi ces usagers, 65% dont 22% de Fertois résident sur la CCVE. « Les autres viennent d’autres intercommunalités, parfois même de Milly », détaille Katia Merlen qui espère rapidement d’autres solutions de reprise. Mais avec un budget de fonctionnement de 384 000 euros à l’année, le cas de la médiathèque de la Ferté-Alais ne se résoudra surement pas en un simple claquement de doigts. La commune, et malgré des solutions d’accompagnement évoquées par l’intercommunalité et le Département, pourrait difficilement assumer le coût d’un tel établissement. Quant à la position de la CCVE : « On a établi un pacte fiscal de 2015 à 2021 avec les habitants de l’intercommunalité. Pour accepter le transfert de la médiathèque, c’est soit on supprime des dépenses prévues, soit on augmente la fiscalité. Ce n’est pas possible », explique Patrick Imbert.

Calcul fait, ne resterait donc plus que le Département pour assurer les frais. Retour à la case départ donc, bien que d’autres solutions soient encore à l’étude. « On est en train de regarder au niveau juridique s’il est possible pour la CCVE de prendre seulement en charge cette médiathèque, et pas celle de toute l’intercommunalité », concède Aurélie Gros. Et si une décision ne devrait pas être rendue de si tôt, la réunion du 7 mars prochain entre le Département, la municipalité de la Ferté-Alais et la CCVE devrait pouvoir donner quelques éléments de réponse tant attendus. « Ce sont uniquement des questions d’organisation entre les administrations », conclut la vice-présidente à la culture au département.