La fin du tirage au sort pour l’accès à l’université ? C’est en tout cas ce que vise le projet de loi intitulé « Orientation et réussite des étudiants » présenté en Conseil des ministres le 22 novembre 2017 et adopté par le Parlement le 15 février dernier. Dans ce projet figure notamment, la nouvelle plateforme Parcoursup pour remplacer le site Admission Post-Bac (APB). Fortement critiquée pour son efficacité, l’ancienne plateforme d’orientation « effrayait les lycéens », raconte un élève en Terminale scientifique. Pour rappel, plusieurs centaines de lycéens se sont retrouvés sans affectation juste après leur admission au baccalauréat, plongeant ainsi de nombreuses familles dans le doute et l’incompréhension. Si aujourd’hui la majorité des cas a été régularisée, le souvenir de l’été dernier hante encore de nombreux lycéens.

Depuis le 22 janvier, tous les élèves de terminale, apprentis, étudiants en réorientation interne ou externe… doivent impérativement passer par la nouvelle plateforme Parcoursup pour formuler leurs différents voeux. Au total, ceux-ci peuvent formuler un maximum de 10 voeux, contre 24 auparavant avec APB. Voeux qui doivent être accompagnés d’une lettre de motivation. Afin d’aider au mieux les élèves dans leurs choix et dans les démarches, l’Education nationale a effectué un travail de formation auprès du corps enseignant. C’est en tout cas ce que révèle Daniel Filâtre, le recteur de l’académie de Versailles. « Il y a eu un très grand travail de fait avec les professeurs principaux de terminale afin qu’ils aiguillent au mieux les élèves dans leurs orientations. C’était nécessaire », renseigne le recteur. Durant le premier trimestre, une semaine a ainsi été consacrée à l’orientation, alors qu’une autre semaine est elle, dédiée à éclairer les terminales sur les différentes filières. Une fois les voeux formulés, un accompagnement personnalisé est proposé dans les lycées. Un second professeur principal par classe a même été nommé dès le mois décembre pour renforcer l’accompagnement.

L’inquiétude présente malgré tout

Malgré ces annonces, les inquiétudes sont là. Quelques mouvements de contestation ont même vu le jour en ce début d’année. Une partie des élèves du lycée du Parc de Vilgénis de Massy est montée au créneau le 1er février. Ces dernier s’étaient mobilisés après un appel national à la manifestation contre Parcoursup. « La manifestation au lycée Vilgénis a été très peu suivie par les élèves, reprend Lionel Tarlet, le directeur académique de l’Essonne. Elle n’a duré qu’une demi-journée et ça s’est arrêté là. Je confirme qu’il n’y a pas de soucis jusqu’à présent », conclut-il, plutôt satisfait de ces nouvelles mesures.

Outre les élèves, l’Unef, le premier syndicat étudiant, dénonce une sélection cachée. « Cette réforme instaure de fait une sélection pour l’accès à l’université d’une partie des jeunes et à terme pour toutes et tous », commente le syndicat qui note une ressemblance étroite avec l’ancienne plateforme. Toujours pour rassurer les futurs étudiants, le recteur tient à préciser que « 2 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur ont été ouvertes pour la rentrée prochaine afin d’éviter que le problème APB ne se reproduise », indique Daniel Filâtre qui assure que les « orientations seront choisies ».

Malgré les contestations, la formulation des voeux sur Parcoursup a débuté le 22 janvier 2018 et pourra se faire jusqu’au 13 mars 2018 18h00. « Je suis plutôt contente de ne pas passer par APB », souffle une lycéenne présente au forum de l’orientation organisé ce vendredi par Grand Paris Sud.

Fin des séries, oraux, contrôle continu… Le Bac 3.0

Autre annonce choc de la part du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, la réforme du baccalauréat et du lycée. À partir de 2021, de grands changements vont être réalisés. Il faudra dire au revoir aux trois sections générales Économique et Social, Scientifique et Littéraire et à la dizaine d’épreuves en fin d’année. Le futur baccalauréat sera désormais évalué par le contrôle continu à hauteur de 40%, les candidats ne passeront plus que quatre épreuves terminales, une épreuve anticipée écrite et un oral de français. Ces dernières compteront pour 60% de la note finale de l’examen. Interrogée au Forum Parcours Avenir, une professeur d’histoire-géographie du Lycée Marie Laurencin de Mennecy expose ses inquiétudes, « les troncs communs sont trop littéraires, les mathématiques manquent à l’appel et c’est très alarmant ». 

Deux de ces quatre épreuves, porteront sur les spécialités choisies par le candidat, elles se dérouleront après les vacances de printemps. Ainsi, les notes pourront être mises sur la plateforme Parcoursup avant validation des vœux par les établissements de l’enseignement supérieur. Une modification du calendrier est également prévue, « les spécialités ne sont pas plus mal, c’est beaucoup plus précis et les élèves pourront mieux se préparer », ajoute t-elle. D’autres professeurs, quant à eux, estiment qu’il y avait « un besoin urgent de changement ».