Ils l’avaient annoncé, l’engagement a été tenu. Après avoir écourté les cours mardi, les services préfectoraux et ceux de l’inspection académique de l’Essonne ont choisi de maintenir l’ouverture des établissements scolaires du département pour cette fin de semaine, et ce, malgré des conditions climatiques et de circulation difficiles. « Tous les établissements étaient ouverts aujourd’hui« , indique-t-on du côté de l’inspection académique jeudi. « C’était une obligation de notre part d’accueillir les élèves ». Pour autant, cette journée n’a pas été comme les autres. Entre incapacité à se rendre au sein des établissements pour cause d’interruption des transports scolaires, et consignes incitant les parents à ne pas mettre dans les écoles leurs enfants, retour sur cette situation particulière.

Des établissements presque déserts

Ces consignes, nombreux sont ceux qui semblent les avoir écoutées et appliquées. Certains établissements affichaient des effectifs en nette baisse. A Arpajon notamment, près des trois quarts des enfants d’une école figuraient parmi les absents ce jeudi. « Nous avons une école où nous avons habituellement près de 200 élèves. Aujourd’hui, ils n’étaient qu’une grosse quarantaine », confirme-t-on du côté de la municipalité.

Même cas de figure à Evry, au sein de l’école primaire Maurice Genevoix. « Il y a nettement plus de profs que d’élèves », avance ainsi la directrice de l’école. A l’école Aimé Césaire, plus proche du centre de la ville, les quelques parents qui récupèrent leur progéniture ce jeudi soir ont été incités à garder les enfants à domicile si ils en avaient la possibilité, « mais je travaille, et je n’ai aucune autre solution alors je l’emmènerai demain (vendredi) » raconte une mère de famille. Chez leurs aînés, le constat est encore une fois similaire raconte un surveillant du lycée du Parc des Loges, toujours à Evry. « Les élèves sont visiblement handicapés par le manque de transports scolaires », commente ce dernier. En effet, les transports scolaires sont interdits de déplacement depuis mardi dernier. L’arrêté préfectoral a même été prorogé jusqu’à ce vendredi 9 février inclus. « Le problème qui se pose, c’est que les élèves qui viennent des communes assez lointaines comme Saint-Germain-lès-Corbeil ne peuvent plus venir au lycée. Résultat, nous n’étions que 5 dans ma classe ce matin », résume ce lycéen scolarisé à Evry, qui s’apprête à effectuer une longue marche avant de rallier une gare RER et rentrer à Saint-Germain. « C’est un problème qui était récurrent aujourd’hui, très souvent dans les zones plus rurales, où les élèves sont dépendants des transports scolaires pour se rendre en cours », constate l’inspection académique.

Toutefois, à Grigny, dans des collèges pourtant qualifiés « de proximité », il n’y a pas foule non plus. Alors que de nombreux élèves se rendent habituellement à pied dans leur établissement, nombreux sont ceux qui ont décidé de rester au chaud, ou de vaquer à d’autres occupations. C’est le cas notamment pour le collège Sonia Delaunay, ou « très peu d’élèves sont présents ». « Le collège reste ouvert. La cantine fonctionne à un rythme inférieur à d’habitude, et on espère que tout reviendra dans l’ordre d’ici lundi », nous concède-t-on à l’accueil.

Situation encore plus délicate au collège Jean Vilar où les personnels s’attellent au déblayage de l’allée principale. Ici seuls deux élèves étaient présents en ce jeudi matin, alors que des consignes avaient été passées la veille incitant élèves et parents à ne prendre aucun risque. Dans un collège où la majorité des élèves n’est pas demi-pensionnaire, la cantine n’était bien évidemment pas au goût du jour. Et si plus d’élèves sont attendus pour ce vendredi, là aussi il faudra sûrement attendre lundi avant un retour à la normale.

Même cas de figure ce vendredi ?

Car l’autre problème, c’est que le personnel encadrant manque aussi à l’appel par endroit. « Il y a environ la moitié des professeurs », confie-t-on du côté du collège Sonia Delaunay de Grigny. Dans certaines communes du département, comme à Ris-Orangis, une partie du personnel municipal a été mobilisée pour encadrer et assurer l’accueil des quelques élèves présents dans les écoles. Ainsi, inutile de préciser que rares sont les élèves qui ont suivi leurs cours ce jeudi. « Il y avait deux cas de figure. Soit le corps enseignant et les élèves étaient présents, donnant lieu à la poursuite des cours. Soit les effectifs étaient trop faibles et les cours ont été ajournés, explique-t-on à l’académie. Il s’agissait donc juste d’un lieu d’accueil pour ces élèves qui pouvaient tout de même effectuer leurs devoirs ». « C’était plus une garderie qu’une journée classique de cours », souffle-t-on à Arpajon.

Ce vendredi 9 février, de nouvelles précipitations sont attendues en Essonne. Les flocons de neige, devraient une fois de plus s’inviter dans le département. Il y a donc fort à parier que la journée de vendredi soit la copie conforme de celle de jeudi, à un détail près : les cours seront-ils une nouvelle fois suspendus ? Il est trop tôt pour le savoir. « Nous prendrons la décision demain dans la matinée. Quoiqu’il arrive, si nous choisissons d’arrêter les cours, les établissements scolaires resteront ouverts », tiennent à rassurer les services de l’inspection académique.