Les parapluies étaient de rigueur pour les professeurs remplaçants du premier degré en ce dernier jour de janvier. En effet, malgré une pluie battante, plusieurs d’entre eux étaient présents devant les grilles de l’inspection académique de l’Essonne, basée à Evry. Avec un seul mot d’ordre : « Touche pas à nos ZIL et à nos BD ! ». Les zones d’interventions limitées (ZIL) et les brigades départementales (BD), qui sont les deux corps de l’éducation nationale concernant les professeurs remplaçants, sont amenées à fusionner à la rentrée prochaine. Une refonte que le corps enseignant ne souhaite pas voir entrer en application. « Les ZIL et les BD ont deux modes de fonctionnement différents. Les premiers concernent des collègues sur des remplacements courts, et les seconds sur des remplacements plus longs, généralement des congés maternités », explique Emmanuel Cabiran, secrétaire départemental du Snuipp-FSU 91. « Ce que prévoit la circulaire, c’est de mutualiser ces deux viviers. Or cela va tout désorganiser », informe ce dernier, avant de poursuivre : « Ces deux corps ont des spécificités bien particulières. Certains se sentent mieux dans des classes sur du long terme, quand d’autres préfèrent tourner dans plusieurs établissements ou niveaux différents. En mutualisant le tout, cela va fortement impacter le bien-être des collègues », craint Emmanuel Cabiran.

D’autres professeurs abondent aussi dans ce sens. C’est le cas de ce ZIL évoluant dans le secteur dans la circonscription de Viry-Juvisy. « On se prive de la richesse que peuvent apporter ces deux volets. Cette circulaire ne va pas arranger les choses ». « Le problème n’est pas le système en place actuellement, mais c’est que nous manquons de remplaçants. Il faut savoir que le corps enseignant essonnien est le plus féminisé de la région. Les congés maternités sont de surcroît assez nombreux et ce n’est pas cette nouvelle organisation qui va tout changer. Il faut revoir le contingent de professeurs remplaçants », reprend un autre enseignant de la circonscription de Lisses. Sur un corps enseignants de 7 500 en Essonne, près de 750 sont des professeurs remplaçants.

Une délégation était reçue ce mercredi 31 janvier à l’inspection académique. « C’est possible d’empêcher la mise en place de cette circulaire. Certains départements ont choisi de ne pas l’appliquer », conclut pour sa part Emmanuel Cabiran.