Attendue samedi matin, puis reportée à dimanche, la décrue est enfin amorcée sur la vallée de la Seine. Le fleuve a atteint son niveau maximal de 4,56m dimanche matin à hauteur de Corbeil-Essonnes. A ce même endroit, la Seine avait dépassé les 4,80m lors de la crue de juin 2016. « Il faut s’attendre à ce que ce soit une décrue extrêmement faible et lente. Le niveau de la Seine a perdu seulement 2 cm dans les douze premières heures de la décrue », commente Alain Charrier, le directeur de cabinet de la préfète de l’Essonne, Josiane Chevalier. Ce mardi 30 janvier à 11h, le niveau du fleuve à Corbeil-Essonnes était établi à 4,37m.

Bien que la décrue soit bel et bien amorcée, les services départementaux qui scrutent de près l’évolution des eaux du fleuve tiennent à rester vigilants. « Dans la journée de mercredi, de nouvelles précipitations sont attendues. 7 à 8 mm de pluie sont prévus sur le département. Cela pourrait impacter légèrement le niveau du fleuve », poursuit le directeur de cabinet de la préfète, avant d’être repris par cette dernière : « Cela devrait prendre plus d’une semaine pour que les niveaux reviennent à la normale », ajoute Josiane Chevalier.

Ainsi, plusieurs zones restent dans le viseur des services qui examinent l’évolution de la décrue du fleuve. Outre Corbeil-Essonnes dont le quartier de la piscine est encore partiellement sous les eaux, Juvisy, Draveil et Athis-Mons font encore l’objet d’une vigilance accrue.

La fosse Montalbot a atteint ses limites

Outre ces communes, la zone de confluence entre l’Yerres et la Seine est toujours au cœur des attentions. Entre Crosne et Villeneuve-Saint-Georges, plusieurs habitations sont victimes de la montée de l’Yerres et du reflux de la crue de la Seine.

Toujours dans ce secteur, des canalisations d’eaux usées saturent, du côté de Vigneux-sur-Seine. Alors que la confluence de l’Yerres et de la Seine reste un secteur critique, la fosse Montalbot a joué son rôle de tampon, en absorbant une partie des écoulements d’eau. Un épisode de pollution est donc en cours dans ce grand bassin. Lui-même connecté à la Seine voisine. Les riverains ont un temps craint que, comme en 2016, la lac déborde et envahisse les habitations voisines. Mais ce souvenir douloureux ne devrait pas se reproduire cette année. Au grand soulagement des riverains qui scrutent heure après heure le niveau de l’eau sur la fosse. Cela a d’ailleurs commencé à décroître. Selon les services de l’ARS, le réseau d’assainissement était en partie saturé. « Une dépollution de la fosse sera faite quand le niveau des eaux sera revenu à la normale », indiquent les services compétents.

Personnels du SDIS, de l'ARS ou encore de la préfecture de l'Essonne restent mobilisés (JL/EI)

Personnels du SDIS, de l’ARS ou encore de la préfecture de l’Essonne restent mobilisés (JL/EI)

221 personnes évacuées

Au total, 18 communes ont été impactées par cette crue hivernale. « Ces communes seront peut-être reconnues en catastrophe naturelle, explique la préfète. En juin 2016, 126 communes du département avaient obtenu ce qualificatif. « Il faut dire que les situations ne sont pas comparables », poursuit Josiane Chevalier.

En termes de population, « près de 1 300 personnes ont été inondées, nécessitant l’évacuation de 221 d’entre elles », précise la préfète, avant de conclure : « A ce jour, 104 foyers sont encore privés d’électricité. Encore une fois, nous sommes loin des chiffres de juin 2016 ».