« Durant les 7 années passées à Villiers-le-Bâcle, il aura laissé un souvenir toujours vivant dans le cœur des habitants, qui l’appréciaient beaucoup, et aura même peint sur le pignon de son atelier sa dernière grande œuvre qui fait référence à sa conversion au catholicisme  ». Tels sont les mots de Patrice Gilbon, maire de la commune de Villiers-le-Bâcle, pour célébrer l’exposition consacrée au peintre Foujita, disparu il y a tout juste un demi-siècle de cela.

De son vrai nom, Tsugouharu Foujita naît au Japon en 1886 avant d’étudier à l’École des Beaux-Arts de Tokyo. C’est en 1913 qu’il s’installe à Paris dans le quartier de Montparnasse. Ayant son atelier au 31 rue Campagne première, il se lie d’amitié avec d’autres artistes de l’époque dont Picasso et Modigliani. Très vite, ses peintures de femmes, d’enfants et de chats sont exposées à travers le monde. À travers une griffe à la lisière de l’Orient et de l’Occident, son style pictural et vestimentaire inimitable séduit le « Tout-Paris » et rend son nom incontournable dans les années 1920.

En 1931, il change de continent pour entreprendre un voyage en Amérique Latine. Deux ans plus tard, Foujita retourne dans son pays natal qu’il ne quittera pratiquement plus avant son envol pour New-York en 1949 et son retour définitif en France un an après.

Plusieurs peintures ornent les murs de a demeure de Villiers-le-Bâcle (PB/EI)

Plusieurs peintures ornent les murs de a demeure de Villiers-le-Bâcle (PB/EI)

La dernière résidence de Foujita

A son retour en France dans le début des années 1950, l’artiste va connaître un virage personnel et artistique. Se convertissant au catholicisme en 1959, quelques années après l’obtention de sa nationalité française, il s’adonne désormais à l’art religieux. Une passion qui se concrétisera par la genèse d’une chapelle à Reims.

Après plusieurs années dans l’Hexagone, le maître nippon va finir par poser ses malles dans une commune de l’Essonne. En 1960, l’homme acquiert ainsi une propriété à Villiers-le-Bâcle ; lieu qui en plus d’être sa demeure, devient rapidement son atelier principal. Cinquante ans après sa disparition, c’est au sein de cet espace, devenu un vrai lieu de mémoire, que se tient une exposition unique en son genre, retraçant la carrière de l’artiste du pays du Soleil levant. Les visiteurs vont pouvoir découvrir une grande partie des collections privées de Foujita dont des dessins préparatoires, des maquettes et des esquisses. De même des tableaux d’exception sont présents provenant directement du Japon. Enfin, des effets personnels du peintre, récoltés des différents voyages qui ont rythmé son existence, peuvent être admirés.

L'exposition consacrée au maître japonnais est ouverte au public durant toute l'année 2018 (PB/EI)

L’exposition consacrée au maître japonnais est ouverte au public durant toute l’année 2018 (PB/EI)

Transmettre aux générations futures

Ce lundi 29 janvier, soir de l’inauguration de l’exposition, François Durovray, le président du Conseil départemental de l’Essonne a mis à l’honneur Anne Le Diberderle, la responsable de la maison Foujita, pour le travail visant à perpétuer la mémoire du peintre. « C’était un homme à la fois simple et mondain en apparence. On a eu de lui une image de dandy, mais c’était un travailleur acharné. Il aimait les enfants, il voulait transmettre ce lieu aux générations futures et c’est notre mission de respecter sa volonté », explique cette dernière.

De même, dans le prolongement de la commémoration, les élèves de CE2 de l’école Deloges à Palaiseau ont pu, eux aussi, présenter leurs oeuvres au public, dont la maquette d’un mini-musée et l’écriture d’un slam. Des productions exposées dans la salle polyvalente de Villiers-le-Bâcle en hommage à Foujita. Des enfants d’ailleurs mis en lumière par un invité de marque, Yoshihiro Higuchi, ministre directeur du service communication et culture de l’Ambassade a renouvelé ses félicitations aux élèves de CE2 : « Je suis reconnaissant à toutes les personnes qui ont participé à cette exposition. Je me réjouis que l’exposition permette au public français de voir les facettes de cet artiste et de mettre en lumière la culture japonaise », avant de conclure par le rappel des 160 années de relation diplomatique entre la France et le Japon. Une exposition qui sera d’ailleurs visible dans la dernière demeure du maître durant toute l’année 2018.

Foujita, de Montparnasse à Villiers-Le-Bâcle, l’itinéraire d’un peintre
Du 29 janvier 2018 à janvier 2019
Maison-Ateleir Foujita, 7 Route de Gif, 91190 Villiers-le-Bâcle