« Nous essayons d’empêcher les eaux de la Seine de trop se déverser dans les lacs, mais le niveau va encore monter ». Par ces mots, Jean-Marie Vilain, le maire de Viry-Châtillon, fait part de ses craintes. Car en juin 2016, au plus fort de la crue, la célèbre presqu’île et les berges du lac étaient partiellement ou totalement noyées sous plusieurs centimètres d’eau. Pour le moment, les niveaux de 2016 ne sont pas encore d’actualité sur les lacs de Viry-Grigny, mais la montée des eaux semble inexorable. Pour l’instant, une partie des rives et surtout le club nautique sont déjà inondés et deviennent peu à peu le terrain de jeu des palmipèdes.

Pour en savoir plus, les autorités locales scrutent de près le canal de jonction entre les lacs de Viry-Grigny et le fleuve en crue. Plus précisément, il s’agit de surveiller le batardeau, cette petite écluse qui empêche les eaux de la Seine de se déverser dans le lac. « Le batardeau est à son niveau maximum. On ne peut pas le surélevé plus. Si l’eau de la Seine monte encore, ça pourrait passer au-dessus du barrage », poursuit le maire. Le risque encouru : une montée des eaux du lac plus importante. « Les craintes sont pour les pavillons donnant sur les rives du lac ou encore pour les installations sportives comme le stade », résume l’édile castelvirois qui a pris un arrêté pour fermer l’accès aux berges du lac le 24 janvier dans la soirée.

Le club nautique a été parmi les premiers à être victime des eaux (JL/EI)

Le club nautique a été parmi les premiers à être victime des eaux (JL/EI)

Outre le risque de voir l’eau de la Seine se répandre dans le lac, une autre inquiétude survient. « Le lac s’auto-alimente, avance Anne-Sophie Carnuccini, gestionnaire des Lacs auprès de l’EPT 12, l’agglo rattachée à la Métropole du Grand Paris. Habituellement, la Seine n’influe que peu sur son niveau. Ce sont surtout les nappes phréatiques et l’écoulement des eaux pluviales qui font grimper son niveau ». « Voilà pourquoi il faut surveiller de près le batardeau. Le lac peut servir à délester la Seine, mais pas en très grandes quantités », insiste la préfète Josiane Chevalier, qui a effectué un déplacement sur le site hier après-midi.

Le fameux batardeau qui empêche les eaux de la Seine d'entrer dans les lacs (GD/EI)

Le fameux batardeau qui empêche les eaux de la Seine d’entrer dans les lacs (GG/EI)

Le pic de crue attendu ce samedi ne devrait selon toute vraisemblance pas dépasser les marques de juin 2016. Hier encore, l’écart entre le niveau des eaux venant de la Seine et la dernière latte du batardeau avoisinait les 90 cm. « Nos services sont mobilisés sur le terrain pour faire remonter les informations au plus vite », rassure Jean-Marie Vilain. Ce dernier a d’autre part pris un nouvel arrêté pour fermer les quais de Seine, rue Carnot et rue de Ris. Quais sur lesquels sont implantés une quinzaine d’entreprises.