Anaïs a grandi à Sainte-Geneviève-des-Bois, au sein d’une maison familiale dans laquelle son père habite toujours. Au lycée Albert-Einstein, elle obtient un baccalauréat économique et social, puis réalise une prépa littéraire au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge. Anaïs continue ses études de lettres jusqu’en master à la Sorbonne, puis bifurque en journalisme à l’ESJ Lille. Elle réalise alors une alternance avec le journal le Télégramme à Quimper. À cette époque, la jeune femme a des fourmis dans les jambes : toujours attirée par l’étranger, elle a besoin de changement. La jeune rédactrice quitte donc l’Essonne pour s’installer au Cambodge et rejoindre l’équipe du Petit journal du Cambodge. Anaïs écrit des articles pour la rubrique « développement durable ».

Créative et talentueuse, elle ressent le besoin de mener un projet concret, pas forcément lié au journalisme. Très attirée par la mode, elle monte un blog avec sa sœur Morgane, qui a deux ans de moins qu’elle. « J’ai toujours été liée à la mode. Sur notre blog on ne postait pas forcément des photos de nos vêtements, on analysait les tendances du moment », nous raconte Anaïs. L’envie de créer sa propre marque devient un objectif pour la modeuse. En 2015, elle reprend l’avion pour s’installer à Paris et prend des cours du soir de stylisme. Pour financer et connaître le monde de la mode, Anaïs travaille en tant que vendeuse pour une marque haut de gamme. « Je voulais comprendre les client(e)s et être au plus proche d’eux », poursuit-elle. En un an, Anaïs suit une formation de jeune entrepreneuse et crée « Oh sisters ! ». La marque leur ressemble. Morgane a suivi un master en patrimoine d’archive et travaille dans une bibliothèque à Paris tout en s’investissant dans leur E-shop.

Plaquette de présentation de la collection Back to basic's de la marque Oh sisters d'Anaïs et Morgan. (Crédit photo : Oh sisters)

Plaquette de présentation de la collection Back to basic’s de la marque Oh sisters d’Anaïs et Morgane. (Crédit photo : Oh sisters)

Du Vietnam à l’Indonésie

Après sa formation, Anaïs est embauchée par une entreprise vietnamienne, pour laquelle elle dessine des vêtements et redéfinit la marque. Les sœurs dessinent elles-mêmes leurs vêtements. Grâce à ce voyage et aux contacts qu’elle crée, la jeune styliste repère un atelier de textiles dans lequel elle produit par la suite une petite série de vêtements, appelée : « Daddy’s girl » (Ndlr : fille à papa). Chemises homme pour femme oversize, couleurs basiques, la collection capsule a très bien fonctionné. Morgane et Anaïs sont indissociables, et si la cadette veut rester en région parisienne, l’aînée part vivre à Bali avec son compagnon qui est actuellement professeur d’entrepreneuriat dans une université Indonésienne.

Pour financer le projet de la ligne de vêtements, Anaïs n’a pas voulu se lancer dans un financement participatif. Elle enchaîne les emplois et compte sur les économies que sa soeur et elle ont fait durant son année de formation. À Bali, la styliste est notamment inspirée par les couleurs de l’île. « Oh sisters est un style très minimaliste, assez épuré, oversize. Les couleurs sont aussi basiques : noir, blanc, gris, beige. C’est à notre image. On a créé des sacs en rotin faits à la main à Bali, par des artisans installés à l’est de l’île », explique Anaïs. Son entourage a joué un grand rôle dans les débuts de la marque et encore aujourd’hui, les premières photos ont été prises par une amie photographe. Les mannequins étaient aussi des proches. « On a eu pas mal de retours très encourageants ».

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Passionnée par la partie création et le suivi de production, Anaïs est aussi attirée par les rapports humains. À travers Oh sisters, l’idée était de créer le vestiaire idéal, d’une femme ou d’une jeune femme. Grâce aux bénéfices de la première collection, Morgane et Anaïs travaillent sur la prochaine collection d’été qui sortira courant mars/avril. « On est en train de produire les prototypes en ce moment, ensuite on va organiser une séance photo. Probablement à Paris ! »