« Carrefour s’est fixé une ambition universelle : permettre à ses clients de mieux consommer en devenant le leader mondial de la transition alimentaire pour tous ». Voici les mots utilisés en préambule par la direction de Carrefour France, pour annoncer le lancement de son nouveau plan intitulé « Carrefour 2022 », devant « redynamiser » la croissance du groupe. Mais celui-ci doit aussi entraîner de nombreux changements au sein de l’entreprise, notamment en terme d’emplois.

« Plan social ? 5 000 départs ? » Voici les interrogations que les salariés du groupe se posaient ces derniers mois. Aujourd’hui, le voile est enfin levé sur cet épineux dossier. La direction de Carrefour France a tranché, et table sur un plan de transformation et un plan de départs volontaires de 2 400 personnes. D’autre part, 273 magasins, les anciens supermarchés Dia, avalés par le géant du commerce en avril 2015 vont être cédés, leurs 2100 salariés sont concernés. En contrepartie, le nouveau PDG qui a pris les commandes du groupe l’été dernier, Alexandre Bompard, indique notamment sa volonté d’investir près de 2,8 milliards d’euros dans le e-commerce et souhaite miser sur le développement du bio dans ses magasins.

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Du côté des syndicats, ceux-ci entendent ainsi contester le plan. La CGT et Sud, en décembre, avaient choisi de mettre le sujet sur la place publique en organisant un rassemblement devant le siège de Massy (notre reportage – vidéo). D’autres actions avaient eu lieu à l’approche des fêtes devant certains magasins comme à Marolles-en-Hurepoix. Le 8 février prochain, c’est au tour de FO, syndicat majoritaire, d’appeler à la mobilisation. Un rendez-vous est annoncé devant le siège de Massy, avec une forte connotation locale dans l’appel diffusé. « L’Essonne a déjà connu les méthodes du PDG de Carrefour, lors de son passage à la tête de la Fnac et suite au rachat de Darty » rappelle l’union départementale FO 91, en soulignant la disparition « des emplois à la Fnac logistique qui supprime un des trois entrepôts situés à Massy-Wissous ».

Selon les syndicalistes, le département « berceau » du groupe, « qui a vu naître le premier hypermarché à Sainte-Geneviève-des-Bois » va être « lourdement affecté » par la restructuration de Carrefour France, « au niveau du siège social situé à Massy et dans les nombreux hypers et supérettes situées en Essonne ». Le syndicat en appel aussi à la mobilisation des pouvoirs publics dans ce dossier.