La manifestation s’intensifie dans bon nombre des établissements pénitentiaires de France, et bien évidemment à Fleury-Mérogis. Comme attendu, les agents de la maison d’arrêt essonnienne étaient devant leur établissement dès 6h ce lundi matin pour un nouveau blocage. « Tout le service du matin était là, des agents en repos aussi. Le mouvement était bon », se satisfait Arnaud Arame membre CGT-pénitentiaire. A l’instar des autres agents manifestants de l’hexagone, les surveillants floriacumois souhaitaient de nouveau porter haut et fort leurs revendications. Un peu plus d’une semaine après l’agression de gardiens par un détenu djihadiste à Vendin-le-Vieil, seulement cinq jours après la mutinerie observée à la maison d’arrêt de Fleury, et quatre jours après les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre devant ce même établissement, les revendications n’ont toujours pas été satisfaites. Le projet d’accord établit avec le gouvernement ce samedi a finalement été rejeté. « L’annonce du gouvernement est insuffisante », poursuit le syndicaliste.

Au menu de ces revendications, comme depuis quelques années maintenant, la question des conditions de travail. Les prisons sont surpeuplées, le manque d’effectif et de moyens est criant. « Il faut aussi que la direction locale, intersyndicale et même nationale, suspendent toutes les décisions disciplinaires contre les agents pour leur permettre de faire leur travail de manière plus sécuritaire ». Autre point fort de ces revendications, les salaires et donc, la revalorisation des statuts. Les surveillants pénitentiaires souhaitent toujours bénéficier du régime indemnitaire de catégorie B. « Ça fait 13 ans qu’on veut passer en catégorie B, on est toujours en C », précise Koubi Ambroise, lui aussi CGT – pénitentiaire. « Nos missions ont changé, on a beaucoup plus de missions maintenant », se justifie-t-il.

Si les négociations de ce samedi n’ont pas abouti, les discussions doivent reprendre ce lundi après-midi (16h) à Bercy, entre la ministre de la justice Nicole Belloubet et une intersyndicale formée par la CGT-pénitentiaire, FO et Ufap-Unsa. « Ça se durcira tant qu’on n’acceptera pas nos revendications. Tous les jours, partout en France. On ne lâchera pas », assure Koubi Ambroise. Un mouvement qui n’est pas non plus sans conséquences sur le bon fonctionnement de la maison d’arrêt qui tourne actuellement au ralenti, en témoigne notamment le temps d’attente des familles des détenus atteignant parfois jusqu’à 3h en ce lundi matin. De quoi mettre un peu plus la pression sur le gouvernement.