La Métropole du Grand Paris (MGP) demeure actuellement en construction. Si l’entité se compose depuis le 1er janvier 2016, de 131 communes réparties en 12 établissements publics territoriaux (EPT) et 7 millions d’habitants, ce statut n’en reste que transitoire. La décision finale du Chef de l’Etat est vivement attendue.

Dévoilé dans un article du Monde fin décembre, le projet du préfet d’Ile-de-France, Michel Cadot, se tournerait vers une disparition des trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) dissous dans le nouveau périmètre. La proposition préserverait la Métropole du Grand Paris dans ses limites actuelles. Dans le 92, 93 et le 94, l’échelon départemental serait donc voué à disparaître. Le préfet propose de transférer leurs compétences aux 11 des 12 EPT qui ont supplanté les ex-intercommunalités début 2016. La décision reste cependant incertaine, le Président de la République ayant repoussé l’échéance à plusieurs reprises.

Les départements entrent en résistance

Le Chef de l’Etat va pourtant devoir se prononcer au plus vite. Le 11 janvier dernier, à l’occasion d’une conférence de presse sur la réforme du Grand Paris, les présidents des départements d’Ile-de-France sont montés au créneau. Passant outre leurs divergences politiques, ces derniers se sont exprimés d’une voix unanime : ils ne veulent pas du scénario Cadot. Les concernés prônent, en effet, un Grand Paris aligné sur les frontières de la région.

« Métropole riquiqui », « métropole des riches », au cours des derniers mois les dénominatifs péjoratifs ont fusé dans la bouche des élus locaux. Si Emmanuel Macron confirme le script élaboré par le préfet, la métropole se limiterait en effet à la petite couronne. Désillusion donc pour François Durovray, Président du Conseil départemental de l’Essonne (LR) qui ne pouvait pas « imaginer une métropole sans le plateau de Saclay ».

Valérie Pécresse (LR), présidente de la région Ile-de-France, a pu réaffirmer son désaccord au projet. Cette dernière qui avait clamé en septembre dernier « la Métropole du Grand Paris ne sert à rien », ne croit pas à la proposition Cadot. « J’ai toujours été pour une métropole inclusive. Si la métropole exclue la grande couronne cela divise et c’est contraire à ce qu’il faut faire. » glisse-t-elle à Essonne Info, « Avec les échelons actuels, il faut quatre autorisations pour le moindre projet. »

Un futur flou pour la grande couronne

Dans le cas de l’Essonne, 6 communes sont comprises dans l’EPT 12 (Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge, Morangis, Paray-Vieille-Poste, Savigny-sur-Orge et Viry-Châtillon). Elles seront donc directement concernées par cette révision de la MGP. En ce qui concerne le reste du département, le mystère reste entier. Si un système de « districts » à l’échelle des intercommunalités, visant à dissoudre les départements de la grande couronne a pu être abordé, ce retournement de situation paraît bien peu probable.

En bref, il ne reste plus qu’à prendre son mal en patience et attendre le discours d’Emmanuel Macron pour y voir plus clair dans la grande confusion de la Métropole du Grand Paris.