Nouvel épisode de tension entre les collectifs organisateurs de ‘free party’ dans la région parisienne, et les autorités essonniennes. Pour protester contre des saisies de matériel lors d’un précédent rassemblement à Etampes, plusieurs appels à participer à une ‘Revendik party’ le samedi 13 janvier dernier ont circulé sur les réseaux, le lieu étant maintenu secret. Samedi dans la soirée, plusieurs centaines de teufeurs  se sont donné rendez-vous à la gare de la Norville, sur le RER C, afin de rejoindre le lieu choisi pour installer un « multi-sons » : des murs d’enceintes pour accompagner le cortège.

Cette soirée était organisée avec un double objectif, festif et revendicatif. Comme l’explique un proche des collectifs, souhaitant garder l’anonymat : « les raisons elles sont simples (…), début décembre à Etampes, il y’a eu saisie de matériel, comme souvent en Essonne ». A la suite d’une rave party organisée dans le secteur de Saint-Martin d’Etampes le week-end du 1er décembre, les autorités préfectorales avaient « condamné sévèrement ce genre d’agissement qui nuisent à la tranquillité des riverains et contraignent les forces de l’ordre dans leur mission de sécurité ». Quatre organisateurs avaient été placés en garde à vue pour « agression sonore », le tout accompagné de « la saisie d’un volume important de matériel lié à l’évènement » confirment les services de l’Etat.

Le dimanche 3 décembre au soir, un rassemblement s’était tenu à Arpajon, entrainant quelques tensions avec les forces de police. « Des teufeurs étaient alors venus manifester devant le commissariat, afin de tenter de récupérer le matériel, avant d’être durement chassés par une charge des forces de l’ordre » raconte le membre des sound systems, tandis que les policiers rapportent pour leur part la présence d’une « vingtaine de teufeurs virulents au commissariat d’Arpajon, lieu de stockage du matériel saisi. Ces derniers ont tenté de récupérer la sonorisation ». Les fonctionnaires locaux affirment ainsi avoir « dû faire appel à des renforts qui ont permis de stabiliser la situation », soulignant que « les forces de l’ordre avaient été défiées ».

Les teufeurs repérés par la police

C’est dans ce contexte que le secteur d’Arpajon a été symboliquement choisi pour accueillir les soutiens aux groupes électro de la région. « Les collectifs d’Ile-de-France ont donc décidé d’organiser le rassemblement de samedi afin de montrer que peu importe les saisies de matériels, peu importe les menaces des forces de l’ordre, les GAV… les free party ne s’arrêteront pas et encore moins dans le 91 », assume le représentant des teufeurs. Mais la fête est rapidement tombée à l’eau. Informés, les services de sûreté publique sont parvenus « à identifier le terrain pressenti dans une propriété de Saint-Germain-lès-Arpajon », rapporte la préfecture, précisant que son accès « était placé sous surveillance policière ».

Les collectifs franciliens « se sont manifestement fait griller en amont du rassemblement » pense savoir ce proche des organisateurs, notant qu’une « forte mobilisation policière a empêché la tenue du rassemblement ». L’accès au site pressenti étant bloqué, plusieurs centaines de jeunes gens ont commencé à se masser à proximité de la gare de La Norville. Selon les services de l’Etat, « progressivement vers 23h, ce rassemblement réunissait aux abords de la gare entre 400 à 500 « teufeurs » déçus par l’annulation de la soirée ». C’est avec de petites sonos que les participants ont tout de même passé la soirée, avant que la plupart ne se dispersent passé minuit. « Ces amateurs déçus de free party, se maintenaient sur place dans l’attente de la reprise du trafic ferroviaire afin de regagner leur domicile » relate la préfecture, ajoutant, que « peu après 01h, les services de police mettaient fin à toute diffusion de musique ainsi qu’aux tapages générés par ces jeunes gens qui progressivement se dispersaient dans le calme ». Plusieurs brigades policières ont du être mobilisées toute la soirée pour cadrer le rassemblement, avec quelques interpellations à la clé pour outrage ou stupéfiants. Du côté des organisateurs, on assure avoir empêché que la situation ne s’envenime : « afin d’éviter une escalade dangereuse et inutile, les orgas ont renvoyé les gens vers les derniers trains, afin d’éviter que les teufeurs restent la nuit sur Arpajon à attendre les premiers transports du matin et à se fritter avec les flics ».

Du côté de l’Etat, on se montre ferme : « cette tentative de « free party » n’avait fait l’objet d’aucun contact préalable avec la préfecture de l’Essonne et les autorités publiques ». Alors que plusieurs membres des collectifs se sont de nouveau rassemblés à Arpajon dimanche soir, « afin de faire entendre leur mécontentement de la situation », les autorités ne se montrent pour le moment pas disposées à répondre aux revendications des teufeurs, notamment concernant le matériel saisi. Ceux-ci dénoncent régulièrement la « répression » dont leur mouvement fait l’objet. Ils promettent de revenir prochainement dans le 91 pour une nouvelle free party. De quoi mettre encore les autorités sur les nerfs.