Pour l’instant, ce n’est que le nom de la gare centrale d’Evry centre, mais dans quelques temps, cela pourrait bien devenir le nouveau nom de la capitale essonnienne. Rumeur persistante pour les uns, secret de polichinelle pour les autres, l’annonce d’un processus de rapprochement entre Evry et Courcouronnes devrait intervenir ce samedi 13 janvier dans le cadre des cérémonies de vœux des deux communes concernées.

Pour le moment, ni Francis Chouat, le maire d’Evry, ni Stéphane Beaudet, son homologue de Courcouronnes n’ont souhaité communiquer à ce propos, préférant attendre la cérémonie des vœux de samedi. Si Francis Chouat ne confirme, ni n’infirme d’ailleurs cette « rumeur », Stéphane Beaudet prend lui le temps de rappeler son positionnement sur ce sujet. « J’ai toujours encouragé les rapprochements de communes », lance-t-il, rappelant qu’il avait déjà par le passé tenté de réaliser l’union entre les villes voisines dont Bondoufle ou Lisses et Villabé, mais sans succès.

Bien que les deux principaux intéressés ne soient pas encore trop bavards sur le sujet, d’autres bruits de couloir se font entendre, tant du côté des mairies, que du côté associatif. « Ça fait déjà de nombreux mois que les tractations ont commencé entre les deux communes », révèle un élu de Courcouronnes. « Depuis l’élection de Manuel Valls », précise un élu évryen cette fois-ci, en faisant référence aux élections législatives de juin dernier. D’autres proches du dossier expliquent même que ce mariage aurait été mis sur la table lors d’un « séminaire organisé à l’automne », avant de poursuivre en apportant plus de faits concrets : « le processus de rapprochement s’étalera sur quelques mois avant qu’une décision définitive ne soit prise à l’automne prochain ».

A propos des raisons de cette fusion, ceux qui ont bien voulu en parler semblent unanimes. « Il y a des cohérences qui ne se discutent plus. Evry est sans aucun doute la commune avec qui nous travaillons le plus », renseigne-t-on du côté courcouronnais, immédiatement repris par leurs voisins évryens : « Il y a des synergies de travail réelles qui existent depuis longtemps ».

Une fusion active dès 2019 ?

Si l’annonce se confirme ce samedi, la création de ce nouveau mastodonte de 70 000 habitants pourrait voir le jour « d’ici 2019 », confirment certains élus des villes concernées. Plusieurs questions administratives de fusion de services, et politiques concernant la gestion de l’ensemble et de représentation à l’agglo Grand Paris Sud se poseront donc bientôt. « Les deux villes n’ont pas la même couleur politique, et cela pouvait poser problème dans les négociations », rappelle-t-on du côté évryen. Mais les choses se sont clarifiées dans le même timing. Plus grand des hasards ou simple coïncidence, Stéphane Beaudet a décidé ce jeudi soir de quitter le parti Les Républicains au sein duquel il militait depuis « 30 ans » et dont il occupait la fonction de président de la fédération de l’Essonne depuis deux ans tout juste. « Il ne s’agira pas, pour moi, de basculer par opportunisme dans un quelconque autre parti. Je veux, d’une certaine manière, retrouver toute la liberté qui n’est pas, vous le savez bien, celle d’un homme d’appareil. Je souhaite me consacrer à ce territoire », a commenté ce dernier pour justifier son départ qui n’est pas sans lien avec l’élection de Laurent Wauquiez à la fédération nationale des LR en décembre dernier. « Ce n’est pas ma tasse de thé », soufflait alors l’édile courcouronnais au lendemain de l’élection de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains (lire notre article -Abonnés).

Mais avant de penser aux questions de gouvernance, il faudra déterminer la façon d’acter ce rapprochement, s’il se confirme. Quelques cas de figure existent, comme le référendum populaire ou encore une simple délibération des conseils municipaux respectifs. Des éléments de réponses tomberont sans doute demain lors des vœux d’Evry en fin de matinée (11h), puis ceux de Courcouronnes en début de soirée (17h). Le thème de cette dernière cérémonie s’intitule d’ailleurs : « en 2018, inutile d’aller au bout du monde pour dépasser nos frontières ». Un avant-goût d’une fusion ?

Les dessous de cette fusion