Aux oubliettes depuis plusieurs mois, et la prise de fonction de Bernard Laporte à la tête de la Fédération Française de Rugby, le Grand Stade n’est pourtant pas un sujet clôt. Dernier épisode en date, l’envoi d’un recours pour demander réparation à hauteur d’une cinquantaine de millions d’euros à la FFR en octobre dernier, en provenance des collectivités engagées dans la construction du Grand Stade. La Fédération avait alors deux mois pour donner suite favorablement aux réclamations, avant que le tribunal administratif ne soit saisi. « Il y a eu un rendez-vous manqué auquel Bernard Laporte ne s’est pas rendu, mais à part ça, rien. Les avocats sont en train d’élaborer le dossier pour la saisie du Tribunal administratif », nous annonce en ce début d’année Stéphane Raffalli, maire de Ris-Orangis. « On devait d’abord faire une demande indemnitaire avant de pouvoir saisir le tribunal ».

Notre dossier sur le projet de Grand stade de la FFR, 5 ans d »archives sur Essonne Info

Ce projet d’envergure devrait donc se terminer devant la justice, l’accord espéré entre les différentes entités n’ayant pas été trouvé. Une issue bien triste pour un concept qui portait tant d’espoir et qui aurait à coup sûr dynamisé la vie du département. Reste désormais à définir la suite, et notamment celle du cluster sport censé accompagner le Grand Stade. Un sujet très évoqué même si certains aimeraient peut-être que le processus s’accélère, à l’image du collectif ADADA très impliqué sur le devenir de l’hippodrome de Ris/Bondoufle. « Au début on était contre l’idée du Grand Stade notamment à cause de la question des transports », se rappelle Jean-Pierre Warnier. « Il aurait fallu vider le stade en 1h, ici, ça aurait été complètement impossible ».

Les idées ne pullulent pas

Le collectif ADADA, vieux d’un peu plus d’un an, tente peu à peu de se faire connaître et de transmettre ses idées. C’était d’ailleurs l’objectif d’une réunion qui s’est tenue le 12 décembre dernier à Saint-Michel-sur-Orge. « On veut essayer de fournir des idées aux porteurs du projet de cluster sport », poursuit le président. « Les élus sont à court d’idées », observe-t-il présentant les ambitions de son association. Le site de l’hippodrome porterait alors le nom de « Village sportif Robert Bobin », et engloberait le stade actuel, terrain de jeu du PFC et de la National 2 de Fleury. « Il y a de la demande pour accueillir des équipes sportives nationales et internationales, sans oublier les scolaires ». De plus, « l’idée serait de construire des logements 3–4 étoiles pour une centaines de personnes », détaille un peu plus Jean-Pierre Warnier. La partie sportive de ce cluster serait elle aménagée autour du stade Robert Bobin, avec deux gymnases… ou encore une piste d’athlétisme, alors qu’une salle de congrès pourrait accueillir environ 500 personnes. Une proposition d’envergure combinée à un pôle agro-biologique d’environ 50 hectares côté hippodrome pour une création globale d’environ 110 emplois.

Projet paysager de l'hippodrome de Bondoufle par le collectif ADADA (DR).

Projet paysager de l’hippodrome de Bondoufle par le collectif ADADA (DR).

Force est de constater néanmoins que tout cela n’est pour l’instant qu’une vaste idée. Et si le projet n’est pas totalement au point mort, rien n’a réellement encore été fixé. « Nous sommes en train de travailler là-dessus avec le Conseil départemental et la préfète », affirme de son côté Stéphane Raffalli, l’édile de Ris-Orangis. « On cherche à établir la personne morale qui va élaborer le projet ». Pour l’heure, pas de financement, pas d’opérateur, seules quelques lignes stratégiques. « Il y a plusieurs investisseurs intéressés. Des opérateurs sérieux et de grande renommée. Pour l’instant on teste la solidité des offres », poursuit le Rissois.

Pas la peine de chercher la date du début des travaux, il n’y en a pas. Il faudra surement attendre mars pour recueillir un peu plus d’informations. Date à laquelle le plan du cluster pourrait être créé. En ce qui concerne la révélation d’un nouvel investisseur, le maire essonnien préfère, pour l’instant, ne pas se mouiller. Ironie du sort, ce n’est qu’à quelques centaines de mètres de l’hippodrome que les équipements sportifs continuent de se développer. Après l’Urban foot, le Gaël SuperParc ou encore le Hoops Factory, le plus grand Trampoline Park de France a à son tour vu le jour en octobre dernier, avenue du Bois de l’Epine, à Courcouronnes.