Soixante-quatre jours de grève ! C’est un nombre qui devrait malheureusement rester dans les annales pour les postiers grévistes du secteur de Ris-Orangis. Le protocole signé le 29 décembre dernier, entre la direction de La Poste et les grévistes, a néanmoins marqué l’apaisement des hostilités et la reprise du travail. « Par la lutte, on peut gagner. Les postiers du secteur de Ris-Orangis (Bondoufle, Lisses, Courcouronnes) en ont fait l’éclatante démonstration en 2017 en obtenant satisfaction sur la majorité de leurs revendications après une grève dure, longue et ultra-majoritaire à plus de 80 % », se satisfait Yves Pradillo dans un communiqué commun entre la CGT et Sud.

Mécontents suite aux réorganisations effectuées par leur direction en septembre dernier, ces derniers ont fait front afin d’obtenir des changements. Au menu de ces revendications, leurs conditions de travail. Le manque d’effectif, ou encore la modification des horaires d’ouverture des bureaux ont été les symptômes directs des nouvelles directives de leur direction. En ont découlé du surmenage du côté des salariés, mais aussi et surtout du mécontentement chez les usagers. Les files d’attentes s’allongeaient régulièrement et notamment devant les bureaux de Ris-Orangis, où la situation était on ne peut plus délicate.

« Les salariés ressortent la tête haute »

S’ils ont pu retrouver un rythme « normal » suite à la grève, le bureau d’Albert Rémy devra tout de même supporter l’activité postale du bureau principal de la place du moulin à vent, qui a fermé ses portes pour des travaux d’une durée d’environ 3 mois, ce mercredi. « Pendant les travaux de modernisation de ce bureau, il y aura une négociation tripartite entre la municipalité, la direction générale de La Poste et l’intersyndicale (SUD, CGT) afin de négocier de manière définitive le fonctionnement (horaires d’ouverture, effectif, pauses…) des deux bureaux de poste, conformément aux besoins des usagers », annonce Stéphane Raffalli, maire de la ville, alors que ces négociations par petits groupes de travail devraient débuter à partir du 18 janvier prochain. « On a la garantie d’avoir sauvé notre poste du bas ».

Autres « garanties » inscrites dans le protocole, « du renfort au niveau du personnel », alors que le secteur comptabilisait pas moins de 3 emplois manquants. « Pour remplacer les départs en retraite… trois appels à candidatures ont été lancés », ajoute alors le syndicaliste. « Il devrait aussi y avoir la prise en charge d’un certain nombre de jours de grève ». Mais si l’heure est pour l’instant à la satisfaction, les postiers de Ris-Orangis ont bien conscience que rien n’est encore gagné. « La question de respect est aussi importante. Les salariés ressortent la tête haute. Mais la bataille va continuer d’être menée. On verra ce qui ressort à l’issue des trois mois de concertation. Au niveau des nouveaux horaires, des temps de pause… », se méfie alors Yves Pradillo.

Notre dossier sur le conflit à La Poste