En 2018, les électeurs essonniens seront au repos. Un repos sans doute bien mérité après les deux sessions d’élections dans le premier semestre de l’année écoulée. Car durant les premiers mois de l’année 2017, les candidats à l’élection présidentielle ont accaparé les médias, que ce soit à la télé, à la radio ou dans les journaux papiers.

La rédaction d’Essonne Info a bien sûr effectué un suivi politique de cette campagne, procédant à un traditionnel décorticage des résultats du premier et du second tour à l’échelle du département. Toutefois, nous avions choisi de traiter cette première phase d’élections sous un angle nouveau. Sous trois angles nouveaux devrait-on d’ailleurs dire.

En effet, à défaut de proposer un énième zoom sur des candidats déjà médiatiques, nous avons effectué une série de portraits sur les gens de l’ombre, ces militants de candidats sur le département et nous avons choisi de mettre leur histoire singulière en lumière. Outre Michel Pouzol pour Benoît Hamon ou encore Philippe Olivier pour le FN, nous avons « tiré le portait » de militants de Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon et de François Fillon. A lire ici.

L’autre axe de sujets « décalés » que nous avions mis en place consistait à aller à la rencontre des Essonniens, plus précisément au sein des bistrots en se basant sur la citation de Balzac : « Le comptoir d’un café est le parlement du peuple ». Nous n’avions pas choisi ses endroits au hasard. Chacun d’entre eux avait une signification particulière par rapport à la précédente élection présidentielle, celle de 2012. Nous sommes donc allés dans la ville où ça votait le plus, le moins, le plus à gauche, le plus à droite et même dans des villes indécises comme Saintry-sur-Seine et Itteville. Lire les reportages ici.

Enfin, l’ultime angle nous guidait auprès des jeunes tout juste âgés de 18 ans et qui s’apprêtaient à voter pour la première fois. Des jeunes plus ou moins sensibilisés à cet épisode de leur vie de citoyen. Retour sur ces témoignages.

Des législatives sous haute tension

Un mois après, les électeurs avaient encore rendez-vous dans leur bureau de vote respectif, cette fois-ci pour élire leur député. Sachant que nous ne pourrions offrir un traitement équivalent sur les dix circonscriptions, nous avions choisi de suivre de manière plus intensive quatre d’entre elles, en se basant sur vos votes. Etaient ressorties des urnes, les 1ère (Evry-Corbeil), 5e (Plateau de Saclay), 8e (Yerres) et 10e (Sainte-Geneviève) circonscriptions de l’Essonne. Outre les différents candidats, ces zooms en profondeur proposaient aussi une analyse poussée des enjeux et du climat de cette campagne parfois explosive selon les endroits.

Sur la première circo, les électeurs ont été servis avec une série de candidatures atypiques, frôlant parfois le ridicule. Outre Francis Lalanne, les électeurs avaient notamment le choix avec entre autres l’humoriste Dieudonné. L’élection fut également très tendue, donnant lieu à une victoire de Manuel Valls pour une poignée de voix face à la candidate de la France insoumise, Farida Amrani. Celle-ci avait d’ailleurs déposé un recours pour faire invalider le scrutin devant le Conseil constitutionnel après la « découverte de plusieurs irrégularités » le soir du vote. Un recours finalement rejeté. (Cliquez ici pour lire le dossier).

Sur la 5e, les électeurs ont assisté au raz-de-marée d’un certain Cédric Villani. Le célèbre mathématicien, investi du parti d’Emmanuel Macron n’aura laissé aucune chance à ses adverses dans cette lutte à la députation, sur ce secteur où se jouent l’enseignement et la recherche de demain. (Lire le dossier).

Dans la huitième circonscription, le climat était lui aussi très tendu, voire parfois nauséabond, et ce, depuis la campagne présidentielle. En effet, les choix du député sortant, Nicolas Dupont-Aignan, ont longtemps fait débat dans cette courte campagne. Son soutien à Marine Le Pen lui a valu de voir certains de ses administrés, les fameux Idiots utiles, manifester dans les rues de Yerres, son bastion. Après un premier tour où il apparaissait en ballotage défavorable face au candidat de la République en Marche, celui-ci a su renverser la vapeur dans une dernière semaine où la communication aura joué un grand rôle. Il est finalement réélu avec une belle avance pour un cinquième mandat de député de suite. (Accédez au dossier ici).

Enfin, la dixième circo, celle de Grigny-Ste-Geneviève aura vu les débats se cristalliser autour de la candidature de Malek Boutih, le député sortant. Socialiste ? En Marche ? Les deux ? Indépendant ? Difficile d’y voir clair dans cette campagne pour le député sortant qui est finalement éludé des débats dès le premier tour. Dans cette circo où la politique de la ville et la sécurité sont des thématiques qui sont revenues très souvent dans la bouche des candidats, c’est finalement Pierre-Alain Raphan, le candidat d’Emmanuel Macron qui rafle la mise face à Charlotte Girard. (Lire le dossier)

Sénatoriales : la droite se taille la part du lion

Cette fois-ci, les électeurs n’étaient pas conviés fin septembre pour les élections sénatoriales. Enfin pas tous. En effet, seuls les grands électeurs du département ont pu départager les différentes listes qui se présentaient pour le Sénat. La République en Marche visait le grand chelem après l’Elysée et le Palais Bourbon, mais elle n’aura fait que de la figuration dans sa quête du Palais du Luxembourg. Les cinq sièges se sont ainsi répartis entre trois listes. Deux sièges pour la liste de Vincent Delahaye, deux pour celle de Jean-Raymond Hugonet. Enfin, le dernier siège est revenu à la liste d’Olivier Léonhardt, liste divers gauche proche du mouvement du Président Macron. Une liste qui aura jeté le trouble au sein d’une gauche en reconstruction après une présidentielle moribonde.

Un PS qui se cherche toujours par ailleurs, une droite en reconstruction également, voici donc les thématiques qui devraient faire l’actualité politique pour cette nouvelle année 2018 qui, nous vous le rappelons, sera une année blanche en termes d’élections.