Depuis 2016, les budgets se suivent et se ressemblent au Département, et celui de 2018 ne déroge manifestement pas à cette nouvelle règle. « Ce budget peut se résumer par une action déterminée, résolue et courageuse », lance notamment Dominique Echaroux, vice-président en charge des questions financières, en clôture de sa longue présentation. Un budget 2018 flirtant avec la barre du milliard d’euros (1,097 milliard d’euros précisément), soit une légère augmentation par rapport à celui présenté en 2017 qui était établi à 1,084 milliard d’euros. « Ce budget nous permettra de rembourser la dette et les emprunts du Département et d’augmenter les investissements. Nous allons retrouver une santé financière. Ça permettra d’ouvrir un nouveau chapitre pour l’Essonne », se félicite d’ailleurs le vice-président. Un discours qui ne passe cependant pas pour l’opposition.

Pas de baisse des taux d’imposition pour 2018…

« Certes, il y a des bonnes nouvelles au sein de ce budget, admet David Ros, président de l’opposition de gauche. Toutefois, si la santé financière de notre département est sur la bonne voie, pourquoi ne pas baisser les taux d’imposition dès cette année », questionne ce dernier. « Avec l’augmentation de la fiscalité en 2016, vous êtes allés chercher 70 millions d’euros dans les poches des Essonniens  », ajoute l’ancien président du département Jérôme Guedj. Mais celui-ci ne s’arrête pas là dans sa démonstration. Il met ainsi en lumière les très bons résultats obtenus sur les DMTO, comprenez les droits de mutation à titre onéreux, qui correspondent à la part reversée au département lors d’une transaction immobilière. Celles-ci se sont établies à près de 230 millions pour l’année 2017. « En 2012, lorsque j’étais encore président du Département, elles n’étaient que de 154 millions d’euros, précise-t-il. Aujourd’hui, vous percevez donc 90 millions de plus. Total auquel il faut ajouter les 70 millions perçus grâce aux impôts. Cela donne 160 millions d’euros de recettes supplémentaires », conclut-il immédiatement repris par sa collègue de l’opposition Hélène Dian-Leloup : « A quoi sert cet argent perçu ? Mettez l’argent au service de l’être humain ! ».

« Pour investir au service des Essonniens il faut bien trouver l’argent quelque part », rétorque aussitôt Dominique Echaroux. Le président du Département va d’ailleurs dans son sens. « Le contexte est toujours contraint. Nous avons eu à faire face à la perte de dotation de l’Etat à hauteur de 84 millions d’euros, constate François Durovray. Ces recettes supplémentaires étaient indispensables », explique-t-il pour justifier le maintien des taux d’imposition votés en janvier 2016.

Ainsi, ces sommes perçues doivent servir en priorité à deux chantiers. La diminution de la dette d’une part, et d’autre part, la fin des remboursements des factures dites « impayées », laissées par l’ancienne majorité. « Nous allons finir de les rembourser d’ici fin 2018, alors que le calendrier initial prévoyait de finir les remboursements pour 2019 », s’est d’ailleurs réjoui François Durovray.

…et peut-être pas pour 2019 non plus ?

L’opposition a donc choisi de voter contre ce budget, tandis que l’ensemble des autres groupes l’ont avalisé. Mais chacun d’entre eux a pu formuler une requête, la baisse des taux d’imposition pour les prochains exercices. « Nous ne pouvons que nous féliciter de cette santé financière retrouvée. Ce budget mérite notre soutien, confirme Dominique Fontenaille, président du groupe Citoyens pour l’Essonne. Cela laisse augurer une baisse de la fiscalité départementale que nous espérons tous l’an prochain ».

Même constat pour son homologue Georges Tron. L’homme, qui ressort d’une semaine d’un procès qui a fini par avorter, a fait une brève apparition dans l’assemblée au moment du vote. Le temps pour lui d’approuver à son tour ce budget. « Il est construit en accord avec les pistes que nous avons avancées. Cependant, la baisse de la fiscalité reste un élément important que nous devons mettre en œuvre ».

Sur ce point, le président ne préfère pas s’avancer en donnant des dates. « Notre situation est reconnue et félicitée par les agences de notations. Les décisions courageuses permettent une embellie qui nous permettra de rendre aux Essonniens le fruit de tout cela, notamment sur la fiscalité. A savoir si cela doit être mis en vigueur dès 2019, ne nous avançons pas trop vite », récapitule François Durovray. « La baisse finira par intervenir peu de temps avant les élections. Ça prendra une dimension électorale », raillent certains « bruits de couloir ». Seul l’avenir le dira.