« Nous vous alertons et sollicitons votre aide aujourd’hui face à la gravité de la situation de dizaines d’enfant non scolarisés dans notre commune  ». Tels sont les mots de la lettre adressée au ministre de l’Education nationale. Signée de la main de sept conseillers municipaux d’Athis-Mons, dont Julien Dumaine chef du récent groupe d’opposition issue de la majorité « Athis-Mons Espoir et Liberté », elle souligne le constat amer d’une situation toujours au point mort.

En effet, depuis la rentrée dernière, plusieurs enfants vivant dans la Cité de l’Air d’Athis-Mons, dont la plupart sont des réfugiés d’origine syrienne, se retrouvent sur le carreau, sans inscription dans un établissement scolaire public. Les familles concernées s’étaient par ailleurs rassemblées le 28 septembre dernier, devant les portes de l’inspection académique, afin de  revendiquer le droit de placer leurs enfants à l’école. Une action qui ne s’est visiblement pas soldée par quelque chose de concret.

Un rappel de l’obligation scolaire

« Ces familles vivent dans des squats et sont sous la menace d’expulsion (Lire notre article), il faut s’en tenir à la décision de justice  » estime le maire, Christine RodierUne prudence loin d’être partagé par ses opposants. « Cette histoire est déjà datée. Les faits remontent à plus de deux ans maintenant et nous l’avons relancé en septembre 2016 mais elle s’emportait dès qu’on mettait le sujet sur la table », souligne Patrice Sac, conseiller municipal PS de l’opposition, très critique sur son inertie du dossier. « Des dizaines d’enfants ont pu être placées uniquement sous la pression de la sous-préfecture de Palaiseau rappelant le principe d’obligation scolaire », poursuit ce dernier. Un devoir que la maire n’oublie pas, mais qui ne peut résoudre le problème de la surpopulation des établissements scolaires selon elle : « Les établissements sont déjà pleins, insiste l’édile athégien. Et puis, qui va financer tout ça ? On attend d’avoir les moyens nécessaires pour pouvoir faire quelque chose ».

Après avoir rappelé la mission de « fraternité » qui leur incombe, les signataires de la lettre précisent que Christine Rodier ne sera pas exclue du processus « si elle s’attelle à trouver des solutions allant dans le sens de la scolarisation rapide de ces enfants ». Ces mêmes membres du conseil municipal veulent que ces familles soient rassurées du fait de leur situation d’exilé à l’instar d’une ville qui selon eux a été « marquée par la guerre avec les bombardements du 18 avril 1944 qui firent 300 morts et 4 000 sinistrés ».