Il y a de l’électricité dans l’air en ce quatrième jour du procès qui voit Georges Tron et Brigitte Gruel comparaître pour « viols et agressions sexuelles ». En effet, suite à la diffusion du reportage de l’émission Envoyé spécial sur France 2 à une heure de grande écoute ce jeudi soir, la défense demande le renvoi du procès. « Les débats ne sont plus sereins, scande Antoine Vey, l’avocat du maire de Draveil. Cela nous place dans une position impossible, l’impartialité objective n’est plus ». Même discours pour l’avocat de Brigitte Gruel qui abonde dans ce sens. « Je n’ai jamais vu pareille campagne en 40 ans de carrière, certifie Franck Natali. Nous ne sommes pas dans une justice d’opinion publique, pas dans une justice de vengeance, pas dans une justice équitable », lance ce dernier qui demande aussi le renvoi du procès.

Du côté de la partie civile, on s’oppose à cette demande. « Ce n’est pas parce qu’il y a eu le reportage, mais parce que la défense ne s’attendait pas à cela. C’est beaucoup plus difficile pour elle, rétorque Me Braun. Qu’il y ait une pression c’est normal. Aux jurés de résister à cette pression », déclare-t-il avant de poursuivre : « Ce dossier a commencé, il doit se finir ».

Mais la défense n’en reste pas là. Outre « l’impartialité objective remise en cause », Me Antoine Vey déplore le fait que le Président de la Cour ait fait l’objet « d’attaques » concernant sa façon d’instruire les débats sur Twitter. « Suite à ces attaques, le Président va-t-il aller au bout de ses interrogatoires comme il le faisait en début d’audience. On peut se poser la question ».

L’avocat général a conclu les débats. Ce dernier a choisi de plaider dans le même sens que la partie civile. « Notre ambition est d’entendre une cinquantaine de témoins ici. C’est donc dans ces murs que la justice sera rendue et que les jurés se feront une véritable opinion. La presse et les nombreux tweets qu’ils formulent pendant l’audience ne sont que l’évolution des méthodes, un compte-rendu d’audience. L’émission d’hier soir a profité à tout le monde, donc au final ne profite à personne. La vérité, elle se passe ici, et pas ailleurs », conclut ce dernier.

A l »évocation de cette demande de renvoi, les esprits se sont par ailleurs quelque peu échauffés. Pour sa part, l’une des plaignantes, Virginie Faux, a fait un malaise. « Une crise de tétanie, précise l’un des avocats de la partie civile. Elle veut que ce procès aboutisse« . La Cour va délibérer et rendra son verdict sur un éventuel renvoi à 14h.