Clara Meyer, 37 ans et déjà à la tête d’un espace de coworking dans le Sud Essonne. Ecolo et responsable, elle nomme sa petite entreprise « CoworkGreen », en adéquation avec ses valeurs. C’est à Saclas qu’elle a pris le choix d’implanter son espace de travail collectif, un petit village situé non loin de la ville d’Etampes. Cet espace de coworking a une démarche écologique au sein de son fonctionnement, la plupart des meubles sont achetés en recyclerie ou proviennent de la récupération. Un composteur a également été construit à l’extérieur. Ecologiste dans l’âme, elle a essayé de créer une entreprise à son image « On a fait construire une maison en bois tout en matériel écologique, pour l’anecdote, on a aussi des toilettes sèches », nous raconte Clara.

Ethnologue de formation, et au lieu de continuer dans la recherche, Clara Meyer préfère commencer à travailler en tant que rédactrice de comptes rendus dans des groupes de réunions de syndicats/patronats. Quelques années plus tard, en 2006, Clara a des enfants. « C’était compliqué pour moi de travailler chez moi, j’ai eu besoin d’avoir un espace de travail à moi. » C’est à ce moment-là, que la « Buisness-ecolo » girl commence à fréquenter les espaces de coworking, qu’on appelait anciennement des cantines ou encore des labos. « Ma famille a décidé de déménager à la campagne et de faire construire une maison en bois. J’ai cherché un espace de coworking dans le Sud-Essonne et je n’en ai pas trouvé », raconte-t-elle ensuite. Lieu indispensable pour que Clara puisse travailler, elle se sent alors déboussolée. Le projet de construire un espace de coworking commence donc à se forger dans sa tête en 2015. Formée à la chambre des métiers, à la gestion d’entreprise et à la communication, Clara imagine son projet seule, par une initiative privée pour laquelle l’agglomération n’a pas participé. « J’aurais vraiment aimé le faire en mode collaboratif ou associatif avec plusieurs personnes, mais je ne connaissais pas encore l’entreprise, j’avais mon entreprise avant d’être habitante à Saclas ». Clara correspond à plusieurs critères pour être soutenue par Essonne Active, un prêt d’honneur couplé à un prêt bancaire lui est fourni et cette dernière soutient le projet financier à 70%. « Mais généralement je suis toute seule à la barre ».

Un tour de France des espaces de Coworking 

L'arbre de Carte de visite. (SH/EI).

L’arbre de Carte de visite. (SH/EI).

Pour mieux comprendre le fonctionnement d’un espace de coworking, Clara Meyer se déplace dans plusieurs villes de France en zone rurale, dont Lyon, Annecy, Bordeaux. Elle s’inspire par exemple de So Smart, une entreprise qui a notamment fait un arbre à contact avec pleins de carte visite « Puis ça fait office de séparation ! ». Une fois l’idée germée, Clara décide de se lancer et d’ouvrir un espace dans la zone rurale de Saclas. En mars 2016 CoworkGreen est créée. Pour qu’un espace de coworking soit rentable en zone rurale, il faudrait alors entre 18 mois et 3 ans. « Pour l’instant je suis dans les cordes, certes, je n’ai pas encore atteint le seuil de rentabilité mais ça ne fait que 18 mois que Coworkgreen existe », nous explique Clara. Pour ses campagnes de pub, elle fonctionne sur le bouche-à-oreille, « je n’ai pas payé de campagne de pub, j’ai par exemple participé au trophée de l’innovation sociale, ce qui m’a permis de faire connaître Coworkgreen ». Clara fait également le choix de ne pas faire de page Facebook à l’effigie de son espace de travail mais plutôt de créer un groupe Facebook. « Je préfère ce côté communautaire, je peux communiquer plus facilement ».

Pour rendre plus visible Coworkgreen, Clara a eu l’idée ingénieuse d’accueillir une artiste pour exposer ses œuvres d’animaux en voie de disparition, « dans les prochains mois, un vernissage aura lieu et c’est pour moi l’occasion de faire découvrir l’espace partagé de travail ». Les événements ont un rôle important, Clara propose de nombreux ateliers une fois par mois. Des ateliers photo, d’écriture, de sophrologie et même de yoga. Les coworkers peuvent proposer un atelier en fonction de leurs domaines de prédilection, « j’anime par exemple l’atelier d’écriture ».

Une communauté

Coworkgreen cumule abonnés mensuels et quelques abonnés nomades, pour un espace qui peut accueillir jusqu’à 10 personnes en même temps, nombre dont Clara est déjà fière. Sandrine, une coworkers présente à l’interview, est formatrice, elle travaille souvent à Coworkgreen pour son côté reposant et pour avoir un cadre professionnel. Les profils au sein de l’espace travail sont plutôt divers et variés. « Généralement ce sont des gens qui sont autour du monde du web et de l’informatique, des professionnels du bien-être et quelques artisans », explique Clara. Une richesse pour Clara, qui vise sur les échanges dans l’espace. Âgés de 25 à 60 ans, beaucoup d’entre eux sont souvent en reprise d’activités, ont connu un burnout et ont besoin de se recentrer.

Sandrine et Clara travaillent à Coworkgreen. (SH/EI)

Sandrine et Clara travaillent à Coworkgreen. (SH/EI)

En parallèle, Clara Meyer possède une production audiovisuelle, son dernier projet est de participer au Nikon Festival avec son documentaire. Aujourd’hui, elle espère développer le pôle créatif au sein de Coworkgreen et atteindre le seuil de rentabilité pour agrandir son espace un jour.