Alors que les 459.000 contrats aidés que compte l’hexagone étaient principalement destinés aux mairies, associations, et PME, le gouvernement a décidé de bouleverser certains modes de fonctionnement en les supprimant. Et si tous les secteurs seront touchés par ces suppressions, les plus frappés seront l’éducation, l’administration locale, ainsi que le sport et la culture. Elles toucheront notamment les auxiliaires de vie scolaire, les assistants administratifs ou encore les entraîneurs dans les clubs sportifs et culturels des quartiers… Chez « Décider », association culturelle de Grigny, Raya, Djibril, Evelyne et Véronique, qui ont tous les quatre pu trouver un emploi grâce à ces contrats aidés, pourraient alors se retrouver menacés. « C’était difficile de trouver un boulot, et si l’emploi aidé disparaît je me demande si je vais retrouver du travail », raconte Raya, enfin sortie d’une période de 11 ans sans travail. « Après une longue période de RSA j’ai pu regagner le marché du travail grâce à cet emploi aidé », poursuit alors Evelyne.
Malheureusement pour elles, le gouvernement a annoncé vouloir diviser par deux le nombre d’emplois aidés d’ici deux ans. Il annonce  par ailleurs un passage de 310.000 contrats aidés en 2017 à 200.000 contrats aidés en 2018 trouvant que ces derniers ne sont pas assez efficaces, trop chers, et peu convertibles en emplois durables. « Courant août 2017, le gouvernement a pris de nouvelles orientations en matière de ‘contrats aidés’ de manière à investir plus dans des formations longues afin de favoriser l’emploi durable, ainsi que dans le développement des compétences plutôt que dans l’emploi à court terme précaire souvent à temps partiel », explique la préfecture alors que pour l’Etat, ces contrats ont des résultats plus que mitigés.

 Plus de contrats aidés, plus d’asso ?

« Faux ! », crient les associations. Les contrats aidés auraient un impact social positif et feraient même baisser la courbe du chômage, à court terme, par la création directe d’emplois. Ces derniers ont d’ailleurs pour objectif de faciliter à terme l’insertion professionnelle des bénéficiaires. « 80% des emplois aidés qu’on a eu ont par la suite trouvé un emploi, donc ça leur a servi de tremplin car ils ont pu gagner en expérience et mieux se former », assure même la directrice de l’association « Décider » située dans le quartier de la Grande Borne à Grigny.
Des milliers d’animateurs dans les centres de loisirs ou associations socioculturelles vont ainsi disparaître. Seul 3 secteurs seront épargnés : l’aide aux enfants et aux personnes handicapées, l’Outre Mer, et le secteur d’urgence sanitaire et sociale. « A cause de ces suppressions de contrats aidés par le gouvernement, l’association qui existait depuis 20 ans n’existera plus et nous on perdra nos emplois. C’est une association qui avait une grande utilité publique dans le quartier », regrette Véronique qui travaille elle aussi pour l’association « Décider ».
Un constat que la directrice de l’association peut difficilement contredire : « Notre structure n’est pas viable sans emplois aidés. On a déjà essayé mais on a dû licencier.  C’est un plus pour nous et pour la cité. Il y a dix ans il y avait des dizaines d’associations comme la notre dans la cité et aujourd’hui il n’en reste plus que trois ou quatre. On a une mission de service publique et on a l’impression que notre engagement ne compte pas. L’Etat ne prend pas suffisamment le temps de vérifier ce qu’une association comme la notre apporte à la vie de la cité. »
Des centaines d’associations œuvrant dans les 1 300 quartiers prioritaires de France sont dans le même cas, puisque la politique de la ville a retranché 46,5 millions d’euros de ses crédits cet été. Des dizaines d’associations et organisations travaillant dans ces quartiers devront alors mettre la clé sous la porte. L’association « Décider » pourrait elle aussi fermer, privant d’un accès à la culture des milliers de jeunes du quartier de La Grande Borne de Grigny. Et si le nombre de chômeurs chez les jeunes et les seniors a récemment diminué sur le département, ils sont encore aujourd’hui au nombre de 88 630. Un chiffre qui pourrait malheureusement grimper de nouveau suite à la suppression de ces contrats aidés.