SOCIAL > Hier matin, alors que les sénateurs entamaient leurs derniers débats avant d’approuver définitivement la réforme des retraites, les étudiants d’Evry se réunissaient pour la troisième fois en assemblée générale afin d’organiser leur contestation.

C’est une cinquantaine d’étudiants qui étaient présents hier à l’Assemblée Générale organisée sur le campus d’Evry, malgré les vacances de la Toussaint qui concernent la plupart des filières. Les débats furent animés mais les jeunes universitaires sont rapidement tombés d’accord sur l’adoption des revendications de la coordination nationale étudiante, réunie le week-end dernier au Mans, et qui revendique notamment « une retraite à 60 ans pour tous et à taux plein, ainsi que la prise en compte des années d’études, de stage, de formation, et d’arrêt de travail forcé dans les années de cotisations. »
L’Assemblée Générale a ensuite décidé de participer à la manifestation devant le Sénat, qui a rassemblé plus de 1000 jeunes mécontents dans l’après –midi. En parallèle, les étudiants ont voulu exprimer leur soutien aux employés de la raffinerie de Grandpuits, délogés vendredi matin de leur occupation, avant que plusieurs d’entre eux ne soient réquisitionnés pour reprendre le travail.

La situation a Grandpuits.

En arrivant sur place, les délégués sont accueillis par plusieurs dizaines de CRS, dont la mission consiste à filtrer les entrées du site. Après avoir due expliquer leur présence à deux barrages consécutifs, la délégation arrive devant l’entrée de la raffinerie, où les employés en grève racontent : « les CRS sont arrivés vendredi matin à trois heures, alors que nous tenions le piquet de grève depuis plusieurs jours. A 8h du matin ils nous ont chargé, trois d’entre nous dont une mère de famille ont dû être hospitalisés, d’autres ont été réquisitionnés et forcés de reprendre le travail par ordre du préfet. » La réquisition de personnel menace d’une peine de prison de 6 mois et de dix milles euros d’amende ceux qui refuseraient de s’y soumettre.
Malgré la suspension de la réquisition par le tribunal, les employés réquisitionnés ont continué le travail. Ont-ils soudain changé d’avis sur la réforme ? Pas le moins du monde d’après leurs collègues, pourtant, « un deuxième mandat de réquisition est arrivé juste après la décision juridique de suspendre la réquisition. ».
Pour autant, le reste des employés mobilisés ne perdent pas espoir et maintiennent leur grève. Ils se réunissent trois fois par jour et plusieurs d’entre eux campent devant leur lieu de travail, « prêts à tenir encore deux mois si nécessaire », nous lâche l’un des grévistes.
En effet, les soutiens ne manquent pas, les étudiants d’Evry dont quelques militants Unef avaient été précédés par les lycéens de l’UNL77, ainsi que des militants FSU de l’Essonne. La solidarité s’organise entre les grévistes et les différentes organisations, dont la CGT et la CFDT sur place. Une tente pleine de ravitaillement et un approvisionnement régulier en bois pour alimenter le feu de camp permettent aux grévistes de tenir le coup, malgré la chute des températures et la présence policière. Solidaires, les étudiants d’Evry se sont engagés à participer au ravitaillement en lançant dès demain une caisse de solidarité sur leur campus.