« Comment en sommes-nous arrivés là ! C’est purement scandaleux ! ». Par ces mots, Audrey Guibert, la secrétaire départementale du parti frontiste ne cache pas son exaspération suite à la clôture du compte du FN 91. En effet, en plus des comptes personnels de la présidente du Front national Marine Le Pen, ou encore de l’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser, les comptes bancaires de dix-huit fédérations locales ont été également gelés. Parmi eux figure notamment celui du FN 91. « L’agence de la Société générale d’Athis-Mons nous a bloqué nos comptes de façon totalement arbitraire et sans nous prévenir, car notre situation financière était stable », assure Audrey Guibert.

Ainsi, depuis près d’une semaine maintenant, le FN 91 ne possède plus de compte, et cela s’avère être une « situation compliquée » pour le parti de Marine Le Pen. « Nous ne pouvons plus émettre de chèques. Idem, nous ne pouvons plus recevoir de dons par carte bancaire », commente la secrétaire départementale. Et la question se pose également pour les adhésions. « Nous ne pouvons plus enregistrer la moindre adhésion. C’est la même chose pour les renouvellements d’adhésion. Beaucoup de personnes nous appellent pour faire part de leur effarement suite à cette situation », lance Audrey Guibert.

Une « fatwa » contre le FN ?

Pour cette dernière, il n’y a pas de doutes, cette clôture des comptes est un acte politique de la part de la Société générale. « Nous sommes au centre d’une discrimination politique, faite pour essayer de contrecarrer la percée du Front national. C’est vraiment un système aux abois qui ne supporte pas le score historique que nous avons réalisé lors du second tour de la présidentielle », argumente Audrey Guibert. Le conseiller régional frontiste et cadre du parti au niveau national Jean-Lin Lacapelle va même plus loin : « Nous subissons une discrimination judiciaire et financière. Cette série de clôtures de comptes me fait penser à une fatwa bancaire contre le Front national ».

Contactée, la Société générale nie tout rapport avec un acte politique. « La banque est tenue au secret bancaire. Dans le cadre de nos relations, on suit à la lettre la règlementation en vigueur. C’est une clôture de nature exclusivement bancaire et non politique », confirme-t-on du côté de la Société générale.

Quoiqu’il en soit, le Front national essonnien a annoncé avoir contacté depuis le début de semaine « plusieurs banques » et n’aurait essuyé que des refus. « Nous ne plierons pas ! », lance Audrey Guibert. « Nous demandons un débat sur l’aspect bancaire. Dénonçons l’opacité ! ». Avec quelques militants, cette dernière a déjà organisé une action de tractage ce mardi 28 novembre devant les portes de l’agence de la Société générale d’Athis-Mons. D’autres actions devraient suivre.