C’est un bien triste événement qui agite la toile en ces dernières heures. Ce lundi, aux alentours de 14h, une professeure d’EPS du collège Les Dînes Chiens de Chilly-Mazarin a été agressée physiquement par un couple de parents d’élèves. Si les raisons de cette agression restent encore floues, bien qu’un mot dans le cahier de l’élève pourrait être l’élément déclencheur, la gravité de ces faits restera néanmoins difficile à justifier.

Affligés par la situation, les personnels du collège ont souhaité s’entretenir au plus vite avec le directeur de l’académie. Et si un rendez-vous avait été programmé pour 17h ce mardi, les professeurs ont visiblement préféré prendre les devants. Résultat, « 100% des professeurs sont en grève », indique Christophe Le Comte, secrétaire général adjoint de l’UD FO 91. Si quelques professeurs sont restés au collège afin de faire le lien avec les parents d’élèves, une cinquantaine d’entre eux manifestait son mécontentement devant l’académie. Sur les banderoles, les messages sont clairs : « La violence fait perdre ce qu’on gagne par l’éducation », « Plus de moyens pour les Dînes des Chiens ».

Du changement à venir ?

Alors que la rentrée scolaire a une nouvelle fois été animée dans plusieurs établissements du département (lire notre article), et notamment à cause d’un manque de personnel, cette agression fait logiquement resurgir bon nombre de velléités. « Ce n’est pas la première audience qu’on a. On a déjà tiré la sonnette d’alarme depuis longtemps », rappelle une professeure. C’est donc à force d’abnégation qu’une délégation est parvenue à s’octroyer un rendez-vous avec la direction de l’académie dès midi ce mardi. « Les personnels demandent aux services de l’Education Nationale de prendre leurs responsabilités. Ils exigent toujours la création de deux postes d’assistants d’éducation pérennes, la création d’un deuxième poste de CPE et la réduction des effectifs par classe afin de rétablir la sécurité dans l’établissement ainsi qu’un climat serein en son sein. Ils réclament également que le Conseil départemental remplace les agents absents, notamment pour garantir la présence permanente d’un personnel à l’accueil de l’établissement. Leurs revendications doivent être satisfaites », relate un communiqué de l’union départementale Force Ouvrière qui s’attarde aussi sur le manque de personnel de santé et d’accompagnement des élèves.

Après un rendez-vous d’environ deux heures, les motifs de satisfaction sont moindres pour ce collège essonnien. Difficile de faire bouger les choses si rapidement, « une deuxième audience est prévue dans une dizaine de jours », affirme l’inspection académique alors que l’enseignante, le directeur de l’établissement, lui aussi agressé, et le DASEN, ont porté plainte. Une enquête a par ailleurs été ouverte. « On a besoin de temps pour travailler sur toutes leurs doléances. Beaucoup de choses peuvent être apportées pour accompagner au mieux le collège dans ce moment difficile ».

Du côté des personnels, la frustration plane donc toujours. Et alors que le directeur de l’académie doit prochainement se rendre au collège chiroquois, aucune garantie n’a encore été apportée quant aux revendications. « La Direction Académique manifeste son soutien de manière orale, mais elle déclare que l’agression ne vient pas d’un manque de personnel », relate Christophe Gasselin, secrétaire départemental Forces Ouvrières des lycées et collèges. Une déclaration qui a le don d’énerver un peu plus les professeurs d’un établissement qui déplorent le manque de surveillants depuis une paire d’années. « Le collège était déjà en déficit de deux postes de surveillants, et à la rentrée on nous a encore enlevé un demi poste supplémentaire », explique le syndicaliste, affirmant que le CIO de Chilly-Mazarin avait fusionné avec celui de Savigny-sur-Orge. « Les enseignants sont complètement dépassés. Ils doivent faire leur mission de prof, celle d’orientation et celle de surveillants. Pour moi ce n’est pas un hasard que cet événement se soit passé à Chilly. C’était inévitable », conclut-il. Et si les cours ont repris ce mercredi matin, nul doute que cet événement laissera des traces sur cet établissement, et dans la tête de cette professeure qui a bénéficié de 3 jours d’arrêt pour se remettre de cette agression.