« La Métropole du Grand Paris est née le 1er janvier 2016. Le président a voulu la faire vivre », amorce Valérie Mayer-Blimont, conseillère métropolitaine en charge du projet Inventons la métropole du Grand Paris. Un peu plus d’un an après sa création, la Métropole du Grand Paris souhaite continuer son développement. Munie de ses 131 communes (6 communes essonniennes), étendues sur 6 départements, celle-ci a pour ambition de rayonner à l’échelle internationale. Pour se faire, Patrick Ollier, président de cette collectivité territoriale de taille, a souhaité lancer l’appel à projet « Inventons la métropole du Grand Paris » il y a de ça un an, le 10 octobre 2016.

51 sites sélectionnés

Qualifié comme étant « La plus grande consultation internationale d’aménagement et d’urbanisme d’Europe », cet appel à projet destiné aux maires de la région a suscité un intérêt tout particulier. Ainsi, les maires répondant à l’appel avaient pour objectif de porter des terrains de leur commune, ces derniers faisant ensuite l’objet de projets multiples. « Ces terrains devaient répondre à un cahier des charges particulier. 131 sites ont alors été présentés par les maires d’île-de-France, puis visités par 6 vices-présidents de la métropole du Grand Paris », détaille Valérie Mayer-Blimont. Sur ces 131 sites, 61 ont dans un premier temps été retenus.

Les équipes finalistes (153/420) composées d’architectes, d’urbanistes et de start-ups ont alors eu jusqu’au 31 juillet dernier pour fignoler les projets entamés. « La métropole doit être visible sur le plan économique. Elle doit être vivable, et durable, c’est-à-dire répondre au défi climatique », ajoute la conseillère métropolitaine chargée du projet. « Il y a 6 critères importants. Le caractère innovant du projet, sa qualité urbaine et architecturale, la qualité du programme (mixité, bureaux, logements…), sa performance environnementale et son adaptation aux changements climatiques, sa faisabilité sur le plan financier, ainsi que le prix de vente du foncier, qu’il n’y ait pas de spéculation », détaille-t-elle.

Compte tenu de tous ces critères, 51 sites ont finalement été retenus par le jury, 19 à proximité des gares du Grand Paris Express, pour un projet global dépassant les 7 milliards d’euros. Un jury par ailleurs composé du président de la métropole ou d’un vice-président, du préfet de département, et du maire de la commune. « Dans 99% des cas le consensus l’a emporté », précise Valérie Mayer-Blimont, rappelant la caractère inédit de cette concertation. « La gouvernance est inédite, le financement est entièrement privé, mais les équipes sont toujours choisies par le maire. C’est un projet qui va dessiner la métropole, pas le contraire. C’est ça la plus-value ».

Parmi les 51 sites lauréats, on retrouve la ville de Morangis et son site de l’Armée Leclerc. Un espace de 10 900m² dans une ville faisant partie intégrante de la métropole. Un espace aussi situé entre une zone d’activité économique, et une zone pavillonnaire. Un espace qui sera en partie comblé par une exploitation agricole. « L’intérêt ici c’est de savoir comment on peut rénover avec la nature comme lieu de production responsable. Montrer que l’agriculture peut enrichir la construction de la ville », poursuit la conseillère métropolitaine alors que le projet est porté par Paris Sud Aménagement. Pour accompagner cette exploitation agricole, 49 logements et un programme immobilier de 3 667m² sont aussi attendus.

Trois sites Essonniens

Mais si la nomination du site de l’Armée Leclerc n’est pas réellement une surprise, deux autres sites essonniens suscitent un peu plus d’interrogations compte tenu de leur localisation. Courcouronnes et Evry, qui, selon la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM), ne font pas partie de la métropole, pourront elles aussi profiter de certains réaménagements. « La dynamique de la métropole s’inscrit au-delà de la frontière administrative », explique notamment Valérie Mayer-Blimont.

Ainsi à Courcouronnes, c’est la Tour H de l’ancien hôpital Louise-Michel qui va être utilisée. Une nouvelle qui réjouit particulièrement Stéphane Beaudet, maire de la ville. « J’en suis très content. En plus on va conserver l’identité de cette tour. C’est un projet qui va pouvoir lui redonner vie. Pour nous c’est un totem, on a construit cet hôpital dans les champs et on a construit la ville autour », s’exclame-t-il. Bouygues Immobilier UrbanEra a imaginé là un lieu où la formation dans les domaines du numérique et du service à la personne sont favorisés. Un projet accompagné d’une résidence immobilière intergénérationnelle de pas moins de 43 logements. « Ici il y a un enjeu social et architectural », complète la conseillère métropolitaine.

Dernier site essonnien concerné, un terrain situé juste à côté du Génopole d’Evry/Corbeil-Essonnes, premier cluster français dédié aux biotechnologies et biothErapies. Ici l’objectif est simple, construire un campus de bureaux et de laboratoires. « Il y avait un besoin d’anticipation pour faire face à la demande de laboratoires et d’entreprises », explique Francis Chouat, maire de la ville. « A la base c’était prévu dans l’enceinte de la SNECMA qui a finalement changé de stratégie. Maintenant, reste la relocalisation de l’activité de Softball qui occupe le terrain. Il faut leur trouver un nouveau terrain », poursuit-il. Un projet nommé « Vitae Vitae » porté par Linkcity Île-de-France et qui se veut flexible et évolutif, dans la dynamique de l’Opération d’Intérêt National de la Porte sud du Grand Paris. « On travaille avec l’image et les enjeux du Génopole », ajoute alors Valérie Mayer-Blimont alors que Lieusaint est aussi concerné.

Reste désormais aux lauréats à finaliser les projets avec les municipalités, ils ont 18 mois pour le faire. Le compte à rebours étant lancé depuis le 18 octobre dernier, les maires d’Evry et de Courcouronnes ont d’ores et déjà commencé les négociations. Si Stéphane Beaudet et Pascal Noury n’ont pas encore dévoilé de date pour le début des travaux, Francis Chouat pense que « la première partie des travaux pourrait être réalisée au cours du deuxième semestre 2018 ». A rappeler par ailleurs que le financement des travaux est totalement privé, seul le prix du foncier doit être négocié.

Les lauréats d’Inventons la Métropole du Grand Paris