« Nos enfants ont besoin de leur Atsem ! ». Voici les slogans que certains parents d’élèves de la commune de Montgeron avaient inscrits sur des pancartes. En effet, peu avant 20h ce lundi 20 novembre, plusieurs dizaines de personnes (parents d’élèves ou enseignants) se sont regroupés devant les portes de la salle de spectacle l’Astral, lieu d’une réunion publique concernant la rénovation du centre-ville. « Nous sommes là pour interpeller les élus de la majorité, lance ainsi un représentant local de la FCPE, le syndicat des parents d’élèves. Car nous ne pouvons pas continuer comme ça ». Munis de pancartes, de banderoles ou encore de tracts, ces derniers dénonçaient « la diminution du nombre d’Atsem », comprenez agent technique spécialisé des écoles maternelles, dans les écoles de Montgeron. Ce type de personnel communal permet notamment la mise en place et le bon déroulement des ateliers au sein de la classe, de la prise en charge des enfants sur le temps du repas, ou encore l’entretien du lieu de vie. « Il y a de moins en moins d’Atsem dans les écoles depuis plusieurs semaines, constate le représentant des parents d’élèves. Globalement, nous pouvons dire que d’une Atsem par classe, nous sommes maintenant passés à trois Atsem pour quatre classes. Les enfants pâtissent de cette situation ».

Le collectif de parents d’élèves et d’enseignants avance ainsi des chiffres allant de 5 à 6 Atsem de moins par rapport au groupe initial. « Au lieu de 32 Atsem, nous n’en avons que 27 à 28 de présentes chaque jour. Le pire c’est qu’elles ne sont pas remplacées à l’inverse des années précédentes. On assiste alors à des turnovers dans les différentes écoles de la ville afin de combler le manque de personnel dans les écoles les plus touchées. En gros, on déshabille Pierre pour habiller Paul », commentent les membres du collectif. Ces derniers demandent ainsi à la municipalité « de revenir sur son choix ».

Interpellé par les parents d’élève, l’ancien maire de Montgeron et aujourd’hui président du Conseil départemental de l’Essonne François Durovray, n’y va pas par quatre chemins. « C’est dans les villes où il y a le plus d’Atsem qu’on manifeste », lance-t-il aux parents qui le sollicitent. « Nous avons 32 Atsem pour 34 classes. Nous sommes ceux qui en ont le plus au niveau des autres communes de l’agglo* », indique François Durovray, avant de contester les chiffres avancés par les parents d’élèves : « Depuis le 6 novembre, nous n’avons que deux Atsem qui sont en arrêt ». Sur la question des remplacements, le collectif des parents d’élèves et des enseignants déplore la position de la municipalité. « En cas d’absence, la mairie évoque un ‘ratio plancher’ de 3 Atsem pour 4 classes avant d’engager un remplacement. C’est regrettable ». De son côté, François Durovray assume la position prise par la majorité municipale. « Le problème du remplacement instantané, c’est que quand il est mis en place, cela a un effet inverse sur le taux d’absentéisme qui a tendance à augmenter ».

En amont de la réunion publique, quelques réponses ont été apportées par la majorité municipale, mais celles-ci ne semblent pas satisfaire les parents et enseignants en colère qui ont assisté aux débats. « Nous poursuivrons nos actions », lançaient d’ailleurs certains d’entre eux sur le chemin du retour. Peut-être devant les portes de la mairie où doit se tenir le conseil municipal ce mercredi soir.

*Boussy-Saint-Antoine, Brunoy, Crosne, Draveil, Epinay-sous-Sénart, Quincy-sous-Sénart, Vigneux, Yerres.