Le trafic a bien repris, ce mardi matin sur le réseau de la Tice, après 24h sans aucun bus. Les conducteurs alertés par les membres du CHSCT ont finalement obtenu ce qu’ils demandaient à leur direction. A savoir une inspection de chacun des 137 véhicules du parc de la Tice, avant de faire sortir les engins du garage. Par deux fois depuis novembre, un bus de la flotte avait perdu une de ses roues. Ce qui a justifié pour les conducteurs l’arrêt du travail ce lundi (lire notre article).

Ce lundi soir, les équipes de maintenance accompagnées des représentants du CHSCT passent au peigne fin l’armature des bus, et le trafic est annoncé « totalement normal » ce mardi matin. Salariés et direction de la Tice continuent toutefois à s’opposer sur le bienfondé de cette non prise de poste de ce jour. Ce alors que la communication a semblé très défaillante auprès des usagers, des centaines se trouvant toute la journée sur les arrêts de bus, sans plus d’informations que quelques bribes sur les réseaux sociaux. Que retenir de cette journée noire sur la Tice? « Tout ça, pour ça? » est la question que des milliers de voyageurs sont en droit de se poser après cette journée singulière.

Des conducteurs de bus de la Tice lundi matin, demandant une inspection des véhicules (JM/EI)

Des conducteurs de bus de la Tice lundi matin, demandant une inspection des véhicules (JM/EI)

A la suite ‎d’une journée sans aucun bus, le directeur Patrick Munsch n’en démord pas : pour lui, les conducteurs qui n’ont pas pris leur service sont fautifs. « Il reste bien, à la fin de cette journée, un profond bafouage des règles » lâche le directeur de la Tice. Aux usagers, celui-ci dit que la compagnie « est vraiment désolée du désagrément et de la gêne subie ». En assurant ensuite que « demain (mardi), ça ira mieux ». Du côté des représentants des salariés, M. Camara, qui fait partie du CHSCT confirme lundi soir que « l’inspection demandée a lieu » sur les bus.

Les conducteurs réclamait en effet ces vérifications par leurs instances du personnel après que deux véhicules aient perdu une roue en service. La question de la sécurité des voyageurs était donc posée selon les chauffeurs de la Tice. ‎La direction est renvoyée dans ses cordes par les représentants du personnel, qui affirment que « si ils avaient fait le nécessaire, les bus seraient repartis » dès le lundi matin. « Ils rejettent la faute sur nous et disent que l’on bloque » regrette M. Camara. La Tice assure de son côté avoir fait procéder à des vérifications sur les véhicules par son prestataire dès l’annonce des incidents, et que « dans les circonstances actuelles, il n’y a pas de danger grave ou imminent ».

La communication en question

Après le bras de fer de ce lundi, « ils ont cédé » jugent les conducteurs. « Pas exactement, on a fait une variante » nuance le directeur. Quoi qu’il en soit, un terrain d’entente a été trouvé dans l’après-midi. De quoi réjouir les quelques 80 000 usagers quotidien qui retrouvent leur moyen de transport ce mardi matin. Une certaine amertume a pourtant de quoi planer sur le sort réservé aux voyageurs et les défauts flagrants apparus ce lundi dans la gestion de cette crise.

Le directeur de la Tice Patrick Munsch (JM/EI)

Le directeur de la Tice Patrick Munsch (JM/EI)

Dès l’aube, les équipes de la Tice parlent de perturbations sur les lignes, au travers de leur site internet et de leur page facebook. Un premier retour à la normale est annoncé dans la matinée, puis la compagnie de bus du centre Essonne‎ parle de « retards importants » et de « suppressions de bus », avant de signaler à la mi-journée que « aucun bus ne circule actuellement sur le reseau ». Il faudra attendre le soir pour avoir le fin mot de l’histoire, avec l’annonce de la reprise du trafic pour le lendemain. Problème : hormis sur les réseaux sociaux ou à travers la ligne téléphonique surtaxée, les informations n’ont été que distillées au fur et à mesure de la journée. Et aux arrêts de bus, des centaines de personnes, sans indications, se sont trouvées jusqu’au soir à faire le pied de grue pour rien. « On a averti toutes les mairies, les établissements scolaires, c’est notre procédure »  explique-t-on à la Tice. Quant aux 370 arrêts du réseau, seuls les « 50 principaux arrêts du territoire » se sont vus orner d’affiches explicatives sur les perturbations.

Le directeur Patrick Munsch le reconnaît, « il est vrai que nous n’avons pas fait d’affichage au poteau, ça durerait 2 jours pour couvrir les 370 arrêts ». Avant de spécifier que les personnes chargées de ces informations voyageurs « font partie d’une entreprise sous-traitante, qui n’avait pas été prevenue ». Ces couacs à répétition ne semblent en tout cas pas inquiéter les élus du secteur, qui se sont montrés très silencieux à ce sujet ce lundi, alors qu’ils sont d’ordinaire prompts à débattre de l’actualité locale voire internationale. Contacté, le maire de Courcouronnes et vice-président à la Région aux transports Stéphane Beaudet se range derrière la direction de la Tice : « à ma connaissance c’est une forme de grève déguisée (blocage de dépôt sous couvert de vérifications techniques sur les bus) », sans plus de détail sur ce qui a conduit à cette situation de blocage. Le directeur souhaite en tout cas mettre en avant « la dynamique de changement » en cours au sein de l’entreprise de transports, et promet pour début 2018, « une nouvelle identité visuelle » pour la Tice. Un coup de peinture sur les bus pour faire oublier tout ça?