Mis à jour (18h30) : le trafic reprend ce mardi matin sur l’ensemble des lignes. A suivre sur Essonne Info.

Bras de fer en cours, au niveau de l’entrepôt des bus de la Tice à Bondoufle. Ce lundi matin à l’aube, les bus sont restés au garage, pour le plus grand malheur des 80 000 usagers quotidiens du réseau. La raison? Des conditions de sécurité jugées non satisfaisantes par les conducteurs. Par deux fois, le 6 novembre, puis le 15 novembre dernier, des roues se sont devissées sur les véhicules.

Un motif qui a conduit les salariés membres du CHSCT (Comité hygiène sécurité et conditions de travail), à solliciter leur direction pour une inspection complète des 137 bus qui roulent sur les lignes. « Perdre deux fois une roue en une semaine, c’est archi-dangeureux » se plaint une conductrice, qui avec ses collègues, patientent ce lundi matin devant l’entrepôt. Les représentants au CHSCT indiquent pour leur part avoir signalé le dysfonctionnement à leur direction, avec l’inscription de l’incident sur un registre dédié. Ce qui aurait du faire réagir leur employeur. « On est venus ce matin à 4H pour procéder à l’inspection des véhicules » relate M. Camara, membre de l’instance représentative du personnel, « mais la direction n’a pas voulu entendre qu’il y avait un risque d’incident imminent ».

Un constat que ne partagent pas les responsables de la Tice. Pour son directeur Patrick Munsch, « lorsque nous avons su pour les roues arrières, nous avons demandé à notre prestataire de vérifier tous les boulons, cela n’a révélé aucune anomalie ». Selon lui, les conducteurs sont en tord car « ils n’ont pas fait valoir leur droit d’alerte », et de plus, « une inspection ne doit pas perturber le fonctionnement du réseau ». Autre son de cloche pour les personnels, pour qui « l’incident a été consigné dans le cahier prévu à cet effet, la direction aurait du répondre dans les 24h » assure M. Camara.

Direction et représentants du personnel s’opposent ainsi sur les modalités de convocation du CHSCT. Pour Patrick Munsch, les salariés « n’ont pas respecté les conditions prévues par la loi », tandis que les membres de l’instance assurent avoir alerté leur direction en bon et du forme, mails à l’appui. Plus globalement, ceux-ci montrent une certaine défiance vis-à-vis de leur employeur, « la sécurité des conducteurs et des voyageurs ne l’intéresse pas, il ignore les instances représentatives » indique un syndicaliste FO. « En tant que directeur, je prends mes responsabilités, j’ose espérer que le trafic reprendra aujourd’hui » lâche le patron de la Tice. Une rencontre entre les deux parties devaient se dérouler en fin de matinée sur le site de Bondoufle.