Dans le fond, on reconnaît la patte du chanteur dès les premières rimes. Un rap accrocheur, des phases propres et efficaces, à l’image d’une musique qui n’a cessé, en 20 ans, de se réinventer. Disiz ne fait décidément pas dans le tout-venant. ‎Pacifique, son dernier disque, fait la part belle aux sonorités electro, mais ses influences vont des origines du hip-hop aux classiques de la chanson française, avec une étonnante réadaptation de ‘Quand j’serai ko’ d’Alain Souchon.

Lorsque sort Disiz the end, en 2009, on se dit que le chanteur a fait le tour du rap. Il revient ensuite sous le profil de Peter Punk, pour une escapade rock d’un album. La trilogie Lucide le reinstalle ensuite dans le paysage du rap ‎français. Et pour ceux qui pourraient croire qu’il s’arreterait là, Disiz sait prouver qu’il en garde encore sous la semelle. En 2015, Rap Machine est un succès artistique et commercial, prouvant qu’il est toujours à la page. Alors que de nombreux artistes émergent avec internet, Disiz est loin d’être dépassé par les évènements. Il prend ainsi le pli des nouvelles formes de rap et signe chez Polydor. Tout en conservant tout son potentiel créatif.

Une trame planante et aérienne donne le ton de Pacifique. Ce onzième album est une véritable ode à l’intensité musicale de l’artiste. Il y rappe dur, chante de manière plus mélodique et nous entraine dans une balade symphonique et textuelle unique. Les thèmes abordés sont ceux de son regard sur la société, toujours lucide, incisif, parfois nostalgique sur certains sons. Il sait nous parler de son enfance, comme sur ‘La fille de la piscine’, et rend hommage aux combattants du globe sur ‘LUTTE’.

‘Poisson étrange’, sonne comme un hommage au petit Aylan, enfant retrouvé mort sur une plage turque l’an dernier, dont la photo fit alors le tour du monde et symbolisa le drame du naufrage en mer des réfugiés syriens. Pour certaines musiques, Disiz s’est fait accompagner par quelques noms fameux. Le son ‘Splash’, par exemple, est produit par Stromae. Pour l’esthétique, le chanteur evryen est allé aux Etats-Unis tourner plusieurs video-clips. Le résultat : un disque complet, novateur et extrêmement fourni. A écouter en boucle, et bien évidement, sur scène.

  • Disiz la Peste au Plan de Ris-Orangis – Samedi 18 novembre à 20h. Tarifs de 10 à 18€