Le sort s’acharne-t-il sur le quartier de Grand Vaux, et ses 6 000 habitants? Faute de mobilisation des élus locaux, le quartier de Savigny-sur-Orge n’avait pas fait partie du grand programme de rénovation urbaine, entamé en 2003 à l’initiative de Jean-Louis Borloo. A la différence des communes aux alentours, qui avaient sollicité l’Agence nationale de Rénovation urbaine (ANRU), la réhabilitation de Grand Vaux a donc dû attendre. La redéfinition de la géographie prioritaire en 2014 lui a permis de s’inscrire dans la seconde phase du projet, le NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain), au côté de 7 autres quartiers essonniens.

Le constat est sans appel : services publics en manque, commerce sinistré, un bâti et des infrastructures qui ont fortement vieilli (lire notre article). Si on y ajoute une population qui se paupérise, tous les ingrédients sont réunis pour que les pouvoirs publics s’intéressent au plus haut point au devenir de Grand Vaux. L’an dernier, la ville est ses interlocuteurs signaient donc enfin un premier protocole pour la préfiguration de la rénovation urbaine du quartier. Ce qui engageait les démarches pour améliorer les lieux et la vie de habitants.

« On aurait eu peu de chances d’atteindre ce dossier »

Alors que le projet est encore en phase de définition, et qu’un conseil citoyen impliquant les habitants du quartier a vu le jour, le sujet est récemment revenu sur la table à Savigny. Les élus d’opposition y ont interpellé le maire Eric Mehlhorn au sujet de « l’ANRU + », des crédits complémentaires fléchés sur les quartiers en rénovation urbaine, lui demandant pourquoi Savigny ne figurait pas parmi les bénéficiaires. Ceux-ci ont également découvert quelque jours après que la commune n’avait tout simplement pas candidaté pour cet appel à projet. « La ville se prive de fonds supplémentaires » dénoncent ainsi le groupe de gauche au sein du conseil municipal savinien.

Ces financements notamment prévus pour le développement d’activités économiques auraient servi à « dynamiser notre ville par de nouveaux projets », indiquent ainsi ces élus. Le maire assume de son côté le choix de la municipalité de ne pas avoir sollicité ces crédits : « on aurait eu peu de chances d’atteindre ce dossier, et il aurait fallu 6 mois de mobilisation pour le constituer ». Eric Mehlhorn conteste les accusations de son opposition, préférant miser sur « le recalcul du NPNRU plutôt que sur du montage de dossiers », spécifiant que selon lui la ville « n’a pas perdu, ni gagné » avec cet appel à projet ANRU +. « C’est comme le loto, si on ne joue pas, on ne gagne jamais » rétorque Jean-Marc Defrémont, conseiller municipal écologiste, qui parle d’une « certaine inertie » de la municipalité au sujet de Grand Vaux. C’est selon lui « dommage ne pas avoir saisi l’occasion » de tenter d’obtenir des financements complémentaires pour le quartier.