Peu après 18h ce dimanche 12 novembre, la salle Saint-Antoine d’Etampes est prise d’assaut par plusieurs dizaines de personnes. « Bon, tu as des estimations toi ? », lance un quinquagénaire à une femme. « Non, pas plus que toi », lui rétorque cette dernière. Ces personnes étaient en quête d’informations concernant le vote du jour. Qui allait être élu maire d’Etampes ? Car c’était bien ce dimanche que se tenait le scrutin municipal partiel dans la capitale du Sud-Essonne. Au programme, les 13 473 inscrits que compte la commune devait choisir entre la liste de Jean-Pierre Colombani (LR) – la majorité sortante – et la liste conduite par l’opposant Mathieu Hillaire (FI). (Notre dossier sur cette élection).

« Les Etampois ont tout de même fait un choix »

Avant de connaître enfin l’identité du successeur de Franck Marlin, fraîchement réélu député, des premiers chiffres sont tombés. Il s’agit de la participation au scrutin. Une participation assez faible d’ailleurs dépassant très légèrement la barre des 34%, avec 34,04% précisément. Ainsi, seuls 4 586 Etampois ce sont déplacés devant les urnes en ce week-end de commémoration de la fin de la Grande Guerre. « C’est peut-être peu, mais les Etampois ont tout de même fait un choix  », rappelle alors Franck Marlin, lui qui est resté maire de la commune pendant 22 ans. Et ce choix, nous l’avons découvert peu avant 20h. La liste conduite par Jean-Pierre Colombani, sur laquelle figure le député, sort vainqueur de ce duel avec une belle avance. La liste ‘Unis pour Etampes’ s’octroie la part du lion en récoltant 2 961 voix, soit 67,65% des suffrages. Sorti sous les acclamations de ses proches et militants, le duo Colombani-Marlin ne cachait pas sa joie. « Je remercie Etampes », a tout simplement commencé le nouveau maire après avoir proclamé les résultats. « La majorité des Etampois a choisi la continuité et le fruit du travail réalisé », a-t-il poursuivi.

Jean-Pierre Colombani s'inscrit comme le successeur de Franck Marlin et veut "poursuivre le travail" entamé par le député (JL/EI)

Jean-Pierre Colombani s’inscrit comme le successeur de Franck Marlin et veut « poursuivre le travail » entamé par le député (JL/EI)

Du côté de l’ancien locataire de l’écharpe tricolore, l’émotion est également palpable. « C’est vraiment du bonheur, car il y avait beaucoup de tension », avoue Franck Marlin. Interdit de convoité le poste de maire-adjoint par la loi sur le cumul des mandats, ce dernier affirme toutefois qu’il restera « très engagé pour [sa] commune » et « toujours présent aux côtés de Jean-Pierre [Colombani] », puisqu’il récupère ainsi un siège dans la majorité qui comptera 30 unités.

L’opposition a 2020 dans le viseur

La faible participation ne semble pas entacher la victoire du clan Marlin-Colombani. « Près de 70% des votants ont fait un choix clair. L’opposition voulait faire un référendum contre moi et mon équipe, mais on a assisté à l’inverse », se félicite Franck Marlin. Un discours que ne partage pas la nouvelle opposition municipale. « Ce qui m’inquiète, c’est que nous avons un conseil municipal mal élu. Le plébiscite voulu n’a pas eu lieu », résume Mathieu Hillaire. Mais celui-ci ne veut pas rester sur cette note qu’il estime « assez moyenne ». Cette élection lui permet de voir encore plus loin. « On se rend compte que nous assistons à un renouvellement du paysage politique sur Etampes. Par rapport à 2014, nous avons progressé », constate celui dont la liste ‘Etampes en commun’ a réuni 1 416 bulletins, soit 32,35% des suffrages. « Notre groupe ressort donc renforcé de ce scrutin pour 2020. Nous allons préparer cette échéance correctement », commente Mathieu Hillaire qui participera aux débats communaux dans l’un des 5 sièges glanés par « une opposition enfin unie », comme il aime à le dire.

Mathieu Hillaire espère que cette élection servira d'appui pour celle de 2020 (JL/EI)

Mathieu Hillaire espère que cette élection servira d’appui pour celle de 2020 (JL/EI)

La passation de pouvoir s’effectuera dans les prochains jours. Cependant, l’opposition affirme qu’elle « contestera la validité de certains bulletins » du camp Colombani-Marlin. En effet, dans le bureau centralisateur de Saint-Antoine, quelques bulletins de l’équipe de Jean-Pierre Colombani n’affichaient pas la même couleur, ni les mêmes dimensions. « Cela concerne une petite cinquantaine de bulletins », a alors indiqué l’un des scrutateur de l’équipe de Mathieu Hillaire. Affaire à suivre donc.