Plusieurs points ont nourri les débats durant cette campagne éclaire à Etampes. Mais certains dossiers ont été plus suivis que d’autres, faisant l’objet d’échanges d’arguments entre candidats. Ainsi, la problématique du stationnement est au cœur des projets des deux listes qui se font face. Chaque camp reconnaît que la commune est « saturée », voire « engorgée ». Pour tenter d’endiguer ce problème, un projet est d’ailleurs mis en avant par la majorité sortante autour du parking de la gare centrale d’Etampes. « Nous souhaitons mettre le doublement du parking de la gare centrale. En tout, près de 200 places supplémentaires seront disponibles avec la création d’un parc relais sur étages », résume Jean-Pierre Colombani, le chef de file de la liste dans laquelle figure le maire sortant, le député Franck Marlin.

Bataille de chiffres autour du parking

Jean-Pierre Colombani annonce ainsi un passage de 265 places à 486. C’est là que réside le premier point de désaccord avec la liste d’opposition, conduite par Mathieu Hillaire. Là où Jean-Pierre Colombani avance le chiffre de 220 places nouvelles, Mathieu Hillaire n’en voit lui que 158. « C’est bien peu pour un montant de 6,6 millions d’euros investis », lâche de chef de file d’Etampes en commun. « C’est dérisoire et écologiquement nul », relance Aline Garnier, la numéro 2 de la liste.

Sur le financement du projet, la municipalité n’aurait rien à avancer. 70% du financement est pris en charge par Ile-de-France Mobilités (l’ancien Stif) et par la SNCF à hauteur de 30%. « Ni la ville, ni l’agglo, qui avaient pourtant été sollicitées, ne vont payer pour la réalisation du ce programme », avance sur un ton satisfait Jean-Pierre Colombani. Mais ce n’est pas tout, la municipalité sortante souhaite conserver ce parking gratuit pour l’ensemble des usagers. Une mesure à laquelle ne croit pas l’opposition. Les membres de la liste ‘Etampes en commun’ estiment ainsi que le parc relais qui devrait être géré par Effia (Ndlr : filiale de la SNCF) sera tout bonnement privatisé. « Tous les parkings gérés par Effia en Ile-de-France sont payants », affirment ces derniers. En se basant sur les autres parkings régis par cette filiale de la SNCF, la liste d’opposition craint la mise en place « d’abonnements annuels compris entre 240 et 480€ ». « Il n’y aura plus aucun parking gratuit sur un rayon de 500 mètres autour de la gare », s’insurge Mathieu Hillaire. Pour sa part, Jean-Pierre Colombani veut rassurer la population et son électorat. « Nous avons demandé à la Région et aux différents interlocuteurs que ce parking ne soit pas payant et il ne le sera pas. Nous n’avons pas eu jusqu’à présent de réponse contraire à nos demandes, certifie ce dernier. Et puis Etampes n’est pas une commune comme les autres. Ici, on ne se laisse pas faire ».

La liste d’opposition, si elle est élue espère bien empêcher la réalisation de ce projet. « Nous promettons de tout faire pour bloquer ce projet et arriver à une autre solution, commente Aline Garnier. Nous voulons mettre des parkings périphériques, avec des bus et des navettes qui descendent à la gare ». « Pourquoi pas trouver un accord avec le Leclerc et son parking à moitié vide », lance Mathieu Hillaire. Un discours qui ne plaît pas à la majorité sortante. « Être contre ce projet de doublement, c’est accepter que les places du centre-ville soient occupées toute la journée parce que le parc relais est saturé depuis le matin », tacle Jean-Pierre Colombani.

Quid de la rénovation urbaine ?

L’autre dossier sur lequel les deux listes se renvoient la balle concerne les thématiques de l’urbanisme et de la politique de la Ville. Et sur ce sujet, Mathieu Hilaire n’y va pas par quatre chemins. « Cette ville est gérée comme le jeu Sim City. On y construit des quartiers sans rien penser d’autre », lance le chef de file de la liste d’opposition. « Pour la Croix de Vernailles il n’y a aucune volonté politique d’améliorer les choses. Par exemple, le projet de maison de quartier a été abandonné. De plus, ce quartier est complètement enclavé. On ne sait pas quand ils tiendront leurs promesses, s’ils les tiennent », poursuit Mathieu Hillaire. Parmi les soutiens de Jean-Pierre Colombani, la réponse est tranchée : « On ne fait pas de promesses qu’on ne tiendra pas. La Croix de Vernailles est dans le prochain plan de rénovation urbaine (contrat de ville 2015). Ça prendra du temps, mais nous avons comme projet d’ouvrir le quartier, de le désenclaver, de lui redonner une continuité avec la ville », se justifie Mama Sy, maire adjointe à la jeunesse de l’équipe sortante.

Celle qui se présente aux habitants de la Croix de Vernailles comme « l’enfant du quartier », y justifie lors d’une réunion de sa liste à l’école La Fontaine, les politiques menées par l’équipe Marlin-Colombani : « l’opposition nous dit qu’il faut construire de nouveaux HLM, mais pour nous c’est clair, on n’en rajoutera pas, nous avons déjà 6 bailleurs sociaux à Etampes, on n’a pas de quoi rougir ». La friction entre les deux listes se poursuit au sujet du quartier de Guinette, pour sa part en cours de rénovation. « La rénovation de Guinette est lancée » se félicite l’équipe sortante, qui affirme que l’opposition fait « tout pour empêcher » la requalification du quartier. Le candidat Etampes en commun juge au contraire que la ville applique une politique « clientéliste » dans le quartier, et ajoute qu’il y « mettra fin, ce qui arrêtera les frustrations créées avec les jeunes notamment ».

Enfin d’autres sujets font naturellement leur entrée au sein de cette campagne expresse. Le duo Colombani-Marlin mise sur le cadre de vie de la commune et revient sur une partie des réalisations du mandat 2014–2017. Parmi elles, on y retrouve certains aménagements comme le contournement d’Etampes « qui doit désengorger le centre-ville ». Mais la majorité mise surtout sur l’avenir et la jeunesse. « C’est le point le plus important de ce programme. Agissons pour les générations futures », lançait notamment Jean-Pierre Colombani au cours de ses réunions publiques. Du côté de son opposition, la question de l’alimentation et des circuits-courts est un thème important du programme. Mais la liste conduite par Mathieu Hillaire accentue également son discours sur les questions de santé avec la volonté de créer « un nouveau centre de santé et d’assurer le recrutement par la commune de généralistes et spécialistes », appuie le chef de file de la gauche.