Le torchon brûle entre l’actuelle majorité étampoise et son opposition, à quelques heures du vote pour élire un nouveau conseil municipal. Dans une campagne expresse où chaque camp a tenté de convaincre sur son programme en allant à la rencontre des habitants (lire notre article), les coups finissent par pleuvoir entre les deux listes candidates. Si quelques joutes verbales avaient pu jusque là animer un peu cette campagne, la dernière ligne droite donne lieu à un véritable règlement de compte à coup de tracts interposés.

Il y avait plusieurs sujets locaux, qui ont donné lieu à des prises de bec, notamment le devenir du parking de la gare ou encore la rénovation urbaine (lire notre article). Mais l’étape d’après a été franchie, puisque chaque camp vient de sortir un tract au ton accusateur vers ses adversaires. La liste de la majorité actuelle Unis pour Etampes, conduite par Jean-Pierre Colombani, a dégainé ce jeudi un tract au titre évocateur : « Ce que vous devez absolument savoir – Voilà à quoi ressemblerait Etampes avec l’opposition municipale ». En dessous, deux montages photos représentant la ville cernée par des éoliennes. Puis tapant sur la liste d’opposition, de signifier aux électeurs que dans leur programme, « ils veulent initier un projet d’implantation d’éoliennes, c’est écrit noir sur blanc ». Et de donner la « parole » au verso à plusieurs témoins qui semblent effrayés par cette perspective.

La diffusion massive dans la commune de ce tract n’a pas manqué de faire réagir les intéressés, dont le tête de liste Mathieu Hillaire n’a pas hésité à qualifier de « coup bas politique » lors de sa réunion publique. « Il s’agit de promouvoir l’énergie éolienne dans Etampes, il n’y en aura pas dans votre jardin, d’ailleurs la loi l’interdit » a-t-il spécifié à son auditoire. Le candidat d’Etampes en commun, a répliqué dans la soirée, faisant distribuer un tract de fin de campagne dans les boites aux lettres etampoises. Celui-ci n’y va pas de main morte avec l’actuelle municipalité, en titrant « Voilà le programme de la liste ‘unis pour Etampes’ – Clientélisme et recrutements familiaux à tous les étages ».

Les médias sociaux comme terrain d’embrouille

Au menu, un listing de reproches émises à l’encontre de la majorité, à commencer par des accusations d’emplois de connivence : « depuis 1995, les élus embauchent dans leurs cercles familiaux. Femme et enfants, rien ne les arrête ». Le tract d’Etampes en commun pointe aussi le « clientélisme » de la ville, en affirmant « en 2017, 14 jeunes sont partis en voyage, tous frais payés, pour un coût de 20 000 euros ». Et de s’interroger, « qui connaissait cette initiative à part les proches du maire? Scandaleux ».

En réponse à ces attaques, les soutiens de Jean-Pierre Colombani ont diffusé sur les réseaux leurs « cinq raisons de ne pas voter pour la liste d’opposition ». La majorité sortante flingue ainsi son opposition sur les thématiques de la sécurité ou encore sur de « fausses promesses ». « Ils mentent et manipulent » peut-on ainsi lire sur les réseaux sociaux.

Autre passe d’arme, toujours sur les réseaux sociaux, avec une pique lancée par un membre d’Etampes en commun à destination de la liste Unis pour Etampes, lui reprochant de faire figurer Franck Marlin, troisième de liste, sur les affiches, aux dépens de la numéro 2 Marie-Claude Girardeau, avec comme commentaire : « Pendant que le monde prend conscience des violences faites aux femmes, Franck Marlin supprime la 1ère adjointe de ses affiches de campagne ! ». Une attaque diffusée sous forme de montage photo qui a provoqué l’ire de l’équipe Colombani, qui n’a pas manqué de dénoncer des « détournements honteux », écrivant « etampesencommun utilisent les vraies violences faites aux femmes pour manipuler et désinformer. C’est n’importe quoi ! Ils piétinent la Femme. C’est écœurant ! ».

Alors que les coups pleuvent en cette dernière journée de campagne officielle, reste à savoir si ces polémiques intéresseront les électeurs d’Etampes, du moins ceux qui ouvrent régulièrement leur boîte aux lettres, et les conduira à faire relever une participation qui s’annonce faible pour ce vote.