L’espace Jean-Lurçat, situé place du Maréchal-Leclerc en plein centre de Juvisy a fait peau neuve, les travaux qui ont commencé début 2016 ont été financés à hauteur de 70% par le Département et 30% par l’agglomération. Alors que la réouverture des lieux est prévue dans les prochaines semaines, la réfection du parvis se trouvant devant l’entrée a provoqué la surprise, voire l’énervement chez certains riverains. L’abattage du dernier des trois cèdres, niché face à l’espace s’est fait le 12 octobre, depuis les travaux s’accélèrent pour accueillir le parvis totalement refait. Un espace sur lequel sera placé une fontaine ainsi qu’un parking. L’extraction de l’arbre a suscité l’émoi d’une partie de la population. En effet, la présence des cèdres était liée à la reconstruction de la ville après-guerre. Une ville qui avait été presque totalement détruite.

C’est un Juvisien, qui habite depuis plus de 30 ans sur place, qui dépose tous les soirs depuis l’abattage, des affiches sur le grillage qui sépare les travaux du trottoir, « Je suis vraiment déçu, ces arbres ont une histoire, on n’a pas été mis au courant puis de toute façon les habitants de Juvisy auraient dit non, c’est peut-être ça le problème », déplore-t-il. Ses affiches sont enlevées tous les matins, mais l’habitant persiste, il vient tous les soirs en mettre de nouvelles. Fil de fer, corde, scotch, pour les faire tenir, le Juvisien veut se faire entendre.

Des associations ou collectifs de riverains s’étonnent qu’il n’y ait pas eu de concertation, une communication ou une réunion à ce sujet. L’impression d’une réalisation hâtive des travaux sur le parvis se fait sentir. « L’adjointe n’a pas été en mesure, de surcroît, de nous donner la moindre information sur l’état des cèdres abattus ou en cours d’abattage, indiquant qu’elle allait « faire vérifier leur état » » écrit l’association Juvisy C’est Vous sur son site internet. Interrogé par Essonne Info, le nouveau maire de Juvisy, Michel Perrimond, donne des explications : « la décision qui a été prise l’été dernier s’est déroulée pendant les législatives et la passation de pouvoir de Robin Reda, devenu aujourd’hui député de l’Essonne. Tout est allé très vite, mais il y a bien eu une réunion en octobre. » Les arbres abattus vont être remplacés, d’autres ont été replantés au parc des grottes affirme l’édile, non loin de l’espace Jean-Lurçat « Je me suis engagé à refaire une réimplantation d’arbres à la place des cèdres, ces arbres-là étaient en mauvaise santé. Je ne veux pas être attaquer pour avoir fait laisser traîner des cèdres malades qui risquent de tomber », se justifie Michel Perrimond.

Les travaux du parvis sont chiffrés à 400 000 euros, ils sont financés par l’Établissement Public territorial (Grand-Orly-Seine-Bièvre) qui a remplacé l’agglo. Un montant qui fait également débat, car certains habitants s’insurgent d’une telle somme pour le parvis au détriment des arbres abattus, « 400 000 euros l’aménagement de cette place, des arbres sublimes arrachés, pas de concertation, décision, action en plein été… Juvisy vide, on n’oubliera pas. » peut-on lire sur l’une des affiches nocturnes.

Affiche d'un habitant de Juvisy-sur-Orge accroché sur le grillage de l'espace Jean-Lurçat. (SH/EI)

Affiche d’un habitant de Juvisy-sur-Orge accrochée sur le grillage de l’espace Jean-Lurçat. (SH/EI)

L’inauguration officielle de l’espace Jean-Lurçat est prévue pour le 16 décembre, néanmoins, un évènement est d’ores et déjà prévu pour le 2 décembre. Le ballet Pixel ouvrira les portes du nouvel espace culturel, qui pourra accueillir pas moins de 700 spectateurs, alors qu’il comptait auparavant 450 places assises.