La formation Cuisine Mode d’Emploi(s) est destinée aux publics éloignés de l’emploi et en situation de précarité économique et sociale, demandeurs d’emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA, jeunes demandeur d’emploi sans qualification, et autres personnes placées sous main de justice. Chaque session intègre 8 à 10 stagiaires sélectionnées par un jury composé de professionnels uniquement sur leur motivation et la cohérence de leur projet professionnel . Thierry Marx présent à l’inauguration s’est confié à Essonne Info, « Ce n’est pas parce que des fois vous avez un parcours qui n’a pas été un parcours exceptionnel que vous ne pouvez pas accéder à l’excellence, c’est ce combat-là que nous menons dans les quartiers. J’ai découvert ça quand j’étais aux Restos du Cœur, je me disais comment donner un coup de main, oui je peux ramener de l’alimentation, faire de la cuisine mais bon c’était un peu gadget, ce qui manque c’est la formation professionnelle aux personnes qui n’y ont pas accès facilement, et quand on est déscolarisé trop tôt, quand on vous trouve éloigné de l’emploi, quand la spirale s’inverse, il faut vraiment retrouver un cadre qui va vous aider à vous reconstruire et à reconstruire votre projet, votre projet professionnel, nous c’est 12 semaines, il faut aller vite, on est au 21ème siècle on apprend vite ».

Les élèves de la formation Cuisine Mode d'Emploi(s) ont préparé des entre-mets pour l'inauguration. (SH/EI)

Les élèves de la formation Cuisine Mode d’Emploi(s) ont préparé des entre-mets pour l’inauguration. (SH/EI)

Thierry Marx a créé Cuisine Mode d’Emploi(s) en s’inspirant de sa propre histoire personnelle. « J’ai été déscolarisé à 13 ans, je suis de la Cité des Bois de la baie, j’ai eu la chance de trouver deux cadres éducationnels pour me former, d’abord le sport et ensuite le cadre des métiers chez les compagnons du devoir. J’ai appris à faire pour apprendre, c’est cette mécanique que j’ai employé avec Cuisine Mode d’Emploi(s) et Boulangerie Mode d’Emploi(s), c’est faire pour apprendre, et quand vous faites pour apprendre, tout devient plus simple », explique Chef Marx. Choisir la ville de Grigny a été une évidence pour lui, ce n’est pas choisir un quartier, mais choisir des personnes qui ont cette envie d’apprendre. « Il y avait une volonté de faire quelque chose pour le territoire de Grigny, il y a des personnes qui ont envie d’apprendre un métier, de s’épanouir professionnellement. On ne peut pas voir une ville, un quartier, comme s’il n’y a que des choses qui ne vont pas bien, 80% des choses qui vont bien à Grigny, il y a 20% des choses qui nous irritent un petit peu, c’est comme ça », poursuit-il. En effet, Cuisine Mode d’Emploi(s) forme 100 stagiaires par an, la dernière formation de mai a accueilli neuf apprentis, elle s’est terminée cet été. Quatre parmi eux ont déjà un emploi. « Cuisine Mode d’Emplois c’est une solution innovante pour propulser Grigny vers l’avant, c’est dans cette esprit que les trois signataires se sont engagés sur Cuisine Mode d’Emploi(s), elle permet de rassembler des personnes sur un produit individuel et collectif avec des cultures différentes », raconte  Josiane Chevalier, Préfère de l’Essonne.

La troisième promotion de Cuisine Mode d'Emploi(s) à Grigny. (SH/EI)

La troisième promotion de Cuisine Mode d’Emploi(s) à Grigny. (SH/EI)

Grigny accueille par ailleurs une formation inédite. « Métiers des produits de la mer ». Celle-ci comprend des « blocs de compétences », et permet aux stagiaires d’aspirer aux différents débouchés que représentent les poissonneries. Les stagiaires qui intègrent cette formation sont d’ores-et-déjà employables. « C’est la capacité de construire des hommes qui soient libres et pas corvéables à merci. On ne fabrique pas des futurs collaborateurs pour qu’ils soient exploités, c’est pour qu’ils soient libres, j’ai un métier, voire, je crée mon entreprise et ce qu’il se passe pour bon nombre d’eux, 92% exactement sont déjà employés », raconte Thierry Marx.