Suite et… non fin des revendications autour des services de la poste. Si ces revendications traînent depuis de longs mois déjà (lire notre article), celles-ci se sont de nouveau accentuées en ces dernières semaines. Au cœur du conflit, une nouvelle organisation de travail longtemps contestée, et finalement appliquée par la direction de la poste en cette fin de septembre. « Sur ce secteur nous avons des adaptations en fonction de la fréquentation », se justifie M. Folch, le directeur réseau (91/94) de La Poste. « Ça se fait toujours en concertation. C’est une minorité qui n’accepte pas. L’essentiel c’est que la majorité soit d’accord, et personne n’a voté contre », poursuit-il en donnant les résultats des différents votes lors d’un CSHTC puis d’un comité technique.

Il n’empêche que des mécontents, il y en a, et notamment du côté de la CGT FAPT 91 qui évoque une situation de plus en plus déplorable. « Il y a un problème d’emploi. Il manque 3 emplois sur ce secteur. En plus la direction décide de réduire les horaires de plusieurs bureaux de poste », réagit notamment Yves Pradillo, secrétaire général, employé à La poste de Lisses. « Nos conditions de travail sont inacceptables, les files d’attentes sont énormes en bureau de poste », assure-t-il alors que le directeur de la poste avance des mesures de temps d’attente de l’ordre de 2–3 minutes seulement.

Les clients patientent devant le bureau de poste de Lisses (DR).

Les clients patientent devant le bureau de poste de Lisses (DR).

Et si de nombreux bureaux de poste ont déjà fait les frais des précédentes restructurations, d’autres se battent toujours pour survivre. Les bureaux de poste de Brunoy ainsi que celui de Boussy-Saint-Antoine pourraient bientôt, à leur tour, faire les frais de cette restructuration. Un des cas les plus marquants du département, celui du bureau de poste Albert Rémy de Ris-Orangis, où le Maire Stéphane Raffalli ne s’est pas fait attendre pour réagir. « On a construit des locaux sur la demande de La poste pour les accueillir. Aujourd’hui, ce bureau de poste subit une réduction de son amplitude horaire. On fait une pression maximale pour que l’accord d’origine soit respecté », lance celui-ci concernant le bureau de poste Albert Rémy de sa ville.

Pas d’amélioration en vue

Par le biais d’une lettre envoyée à la direction de La Poste, l’édile rissois tente coûte que coûte de changer les choses. Et c’est bien ça que les syndicats attendaient. « Il faut que tout le monde prenne conscience de ce qui se passe », surenchérit Yves Pradillo qui dit avoir tenté de contacter tous les maires du secteur. « Il faut que les maires aient les bonnes informations ». Les collectifs locaux et départementaux se chargent donc de faire passer les messages, un comité de défense du service public de La Poste a même été créé en juin dernier (lire notre article). Force est de constater désormais que les élus prennent de plus en plus le problème à bras le corps.

Stéphane Beaudet, maire de Courcouronnes, n’a pas caché sa colère ces dernières semaines, notamment sur les réseaux sociaux. Impacté directement par des retards de courriers celui-ci dit en avoir « ras le bol des dysfonctionnements de La Poste ». « Comment accepter que des courriers, pour certains envoyés de la ville voisine, nous parviennent avec un mois de retard, quand toutefois ils ne sont pas égarés par le centre de tri…? », grogne-t-il sur son site internet. « Il y avait un problème ponctuel, mais tout ça est désormais rentré dans l’ordre », assure pourtant la direction courrier. Pas de quoi décourager les élus du département, puisque, selon le maire courcouronnais, un courrier écrit conjointement avec les maires de Bondoufle, de Lisses, ainsi qu’avec les habitants affectés, sera envoyé mi-novembre à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie assurant notamment la tutelle de La Poste.

Tout aussi inquiet par la tournure des choses, Francis Chouat, Président de l’agglomération et maire d’Evry, espère que des solutions seront vite trouvées afin d’éviter que la situation se dégrade d’autant plus. « Je soutiens tous ceux qui se battent pour l’ouverture des bureaux de poste », glisse-t-il dans un premier temps. « Le mieux serait d’organiser des discussions de manière transparente. Il faut faire attention que les services ne se regroupent pas uniquement en centre-ville », poursuit l’élu observant la mutation des activités traditionnelles de La Poste. « Le travail a été très long pour mettre tout ça en place. On a mis plus d’un an pour en arriver là, et encore une fois, personne n’a voté contre », conclut la direction réseau de La Poste.