Grâce, Corbeil-Essonnois, 23 ans, et déjà à la tête de sa propre marque de vêtement: « Los Animos ». Ce projet a mûri durant six ans pour finalement éclore en 2016. Tout a commencé au lycée, Grâce n’était pas un élève comme les autres. Rêveur, imaginatif, il dessinait sans arrêt. Sans un grand attrait pour l’école, il voulait se lancer dans la mode. Durant son baccalauréat professionnel de commerce, Grâce Biatouma devait réaliser un stage comme des milliers de lycéens à ce moment-là. Cependant, c’est là que tout a commencé pour lui.  « Pendant que je faisais mon stage, il y a un vêtement qui m’a pincé l’œil, une image floquée sur le T-shirt très bien réalisée, à ce moment-là j’ai pensé, pourquoi ne pas le reproduire ? », nous raconte-t-il. Les rencontres ont animé le parcours du styliste et ont su guider ce dernier vers la finalité de son projet. Parmi ses rencontres, une femme qui était assise à côté de lui, et qui l’observait en train de dessiner pour finalement lui lancer : « Tu dessines bien, tu devrais te lancer dans une école de stylisme. » Une phrase anodine prononcée par une étrangère et qui n’a pas immédiatement fait réagir Grâce. Ses amis ont également remarqué ses dessins originaux, voyant que ses travaux plaisaient autour de lui, Grâce Biatouma se met alors à réfléchir plus sérieusement à son avenir. « C’est bien beau de faire un bac pro commerce mais il faut avoir un but, un objectif, pas juste être vendeur comme finalité, ce n’est pas moi », explique-t-il.

T-shirt de la marque Los Animos créé par Grâce Biatouma.

T-shirt de la marque Los Animos créé par Grâce Biatouma.

Grâce Biatouma décide donc d’arrêter l’école pour s’inscrire dans une école de stylisme. « Je ne me sentais pas bien dans ma peau avec l’école, j’avais des problèmes familiaux, je me cherchais encore. Peut être que l’école de stylisme allait réussir à me libérer. » Finalement l’école de stylisme n’a pas fonctionné pour des raisons de dossier, le jeune-homme décide donc d’avoir au moins son bac pro et de s’inscrire en NAMA (Remise à niveau en art appliqué) puis de bifurquer en BTS. Mais ça ne marche toujours pas. « Je n’aimais pas l’école. Ça m’a un peu mis dos au mur, pour rentrer dans cette filière là il fallait avoir les bonnes notes, le plus drôle dans l’histoire c’est que je n’avais pas la moyenne en art plastique. Du coup j’ai laissé tomber », déplore Grâce. Néanmoins, il ne lâche pas le dessin, c’est sa passion, il est né pour ça, Grâce ne se laisse pas abattre.

Les prémices du projet

À force de dessiner, le jeune corbeil-essonnois décide de créer une nouvelle marque en s’inspirant des animaux « J’ai remarqué qu’à part Puma et Kenzo, aucune marque de street-wear n’a dans son logo un animal. Je me suis alors dis, pourquoi ne pas jouer là-dessus. ». Les rencontres continuent alors d’animer le parcours du jeune styliste, un surveillant d’un collège lui conseille de dessiner une girafe, un animal pas commun. Il fallait que Grâce se démarque également de Toys’r’us, le magasin de jouets, son dessin ne devait pas faire enfantin. Pour cela, Grâce s’inspire de Tupac et son célèbre bandeau, qu’il rajoute sur la girafe. Aujourd’hui c’est son logo principal. Un logo neutre qui a fait réagir les clients. A travers son logo, Grâce veut révéler l’esprit animal qui sommeille en chaque personne. À 18 ans, il restait à Grâce à trouver un nom pour la marque. « J’avais plein d’idées, bad wheel, sauvage pour rappeler le signe de Tupac et des animaux ». « Los animales » est très vite ressorti, néanmoins il fallait que Grâce trouve un nom de marque plus subtile et qui reflète sa propre vision. « Je me suis lancé sur un jeu de mot, j’ai donc enlevé le « es » de los animales, ce qui m’a donné les Animos, les esprits en espagnol », raconte Grâce.

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En 2016, c’est là que le projet de Grâce a commencé à prendre forme, l’année sabbatique qu’il a prise a fait en sorte de réfléchir puis d’écrire l’histoire de sa marque Los Animos. Le monde est petit à Évry, il fait la rencontre de Léonce, designer. Ce dernier l’a aidé à réaliser et designer son logo en prenant comme base ses dessins. Léonce est également fournisseur de T-shirt, c’est pourquoi les premiers tests pour commercialiser ses T-shirt se sont faits en partie grâce à Léonce. Son commerce s’est fait uniquement sur les réseaux sociaux, la collection capsule Los Animos s’est très bien vendue, elle a pris même de l’ampleur « A Évry tout le monde se connaît, ça a fait le tour de la ville, puis j’ai eu la première commande qui vient de l’étranger et là j’ai réagi. » Suite à cette collection capsule, Grâce arrête pendant un moment le projet pour des questions de financement. Pour rendre le projet sérieux et professionnel, Grâce a suivi une formation avec Créajeunes par l’Adie, pour créer sa propre entreprise. Grâce à la formation, le jeune créateur de Los Animos a réalisé un business plan et a pu contracter un prêt bancaire grâce à Essonne Active qui s’est porté garant pour financer sa marque de vêtement.

La prochaine campagne nommée « The commencement »  sera prête courant novembre/décembre, chaque collection se repartira en tome, fan de mangas, il s’en est inspiré pour raconter son histoire. Ses inspirations sont également d’origine biblique, « pour le commencement, je me suis inspiré de quand Dieu créa l’homme avec la chapelle Sixtine, moi ça sera quand Dieu créa l’animal. » nous explique Grâce. Prochainement, une boutique en ligne sera également créée pour faciliter le commerce puisqu’aujourd’hui il n’est présent que sur les réseaux sociaux. Tout au long de sa jeunesse, Grâce n’a pas abandonné son projet, il l’a fait mûrir malgré les obstacles qui peuvent rapidement faire freiner les moins courageux.

Pour suivre Grâce Biatouma, son instagram.

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