Depuis la rentrée, le lycée Geoffroy-Saint-Hilaire ne cesse d’expérimenter des remous. Au début de l’année scolaire, la cantine du lycée était fermée pour manque de personnel. Aujourd’hui c’est un problème dans le personnel enseignant qui touche le lycée.

Depuis la rentrée quatre classes manquent d’un professeur d’anglais. Deux classes de seconde, une classe de première ST2S (Sciences et Technologies de la Santé et du Social) et une classe de première scientifique sont concernées. « Des filières où l’anglais est tout aussi important qu’ailleurs et où les coefficients sont importants au bac », commente Isabelle Lintanf, présidente du conseil local de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE).

Pour ces quatre classes, certains élèves ont un groupe de langue assigné et peuvent suivre leur cursus normal, mais pour d’autres ce n’est pas le cas. Les classes de langues vivantes sont limitées à vingt-deux élèves et si la majorité des groupes est fonctionnelle, certains élèves sont lésés. Les classes sont donc déjà remplies, les élèves pour lesquels il manque un professeur d’anglais, ne peuvent pas se greffer aux groupes déjà existants.

L’exaspération des parents d’élèves

L’association des parents d’élèves a envoyé un courrier au rectorat du département le 27 septembre en faisant acte de leur situation. Une solution allait peut-être être trouvée. Une enseignante avait d’ailleurs été recrutée. « Quelqu’un a répondu à l’annonce il y a environ deux semaines, des entretiens ont été faits. A la dernière minute, la candidate a fait faux bond, » explique Isabelle Lintanf. Suite à ce désistement, une seconde lettre a été envoyée par l’association au rectorat de l’Essonne ce lundi. Les parents d’élèves expriment leur exaspération face à l’enseignante qui s’est désistée et demandent « une solution pérenne », un signal d’alarme devant des espoirs qui s’amenuisent de trouver un enseignant avant la fin du premier trimestre.

« C’est une situation récurrente, explique Isabelle Lintanf, pas seulement en anglais, mais aussi en mathématiques, où on peut manquer de professeurs. » Les raisons invoquées sont l’isolement de la région. Faire le déplacement jusque dans le Sud-Essonne n’est pas une condition que tous les enseignants acceptent. « Cette situation se présente au collège comme au lycée dans ce secteur de l’Essonne, » ajoute Madame Lintanf.

Le Lycée cherche un professeur d’anglais pour un contrat de neuf heures par semaine, la moitié des heures d’un poste certifié, ce qui pose une difficulté supplémentaire. Avec le premier trimestre qui est déjà bien entamé, la tension monte auprès des parents d’élèves qui se demandent quand leurs enfants auront cours d’anglais. L’association des parents d’élèves ne renonce pas néanmoins et continue à demander à l’académie que la situation évolue.

Le cas du lycée Geoffroy-Saint-Hilaire n’est pas isolé. Pour essayer de pallier les manques de personnel dans le corps enseignant, l’académie de Versailles publie sur son site l’annonce suivante : « l’académie de Versailles recrute tout au long de l’année scolaire des personnels enseignants non titulaires pour assurer des remplacements et des suppléances dans les collèges et les lycées. » Des contractuels qui seraient là pour assurer des fonctions à l’année ou des remplacements. D’autre méthodes de recrutement peuvent être plus inventives. Le collège Henri Wallon à Vigneux-sur-Seine avait recruté en 2013 un professeur de technologie sur le site Leboncoin (voir l’article ici).

Une rentrée 2017 que certains prévoyaient comme « difficile »

Pour expliquer la situation du lycée d’Etampes, des éléments de contexte national sur la situation des enseignants dans le secondaire peuvent être évoqués. Selon l’édition du 31 août du journal du syndicat national des enseignements du second degré, des inquiétudes transparaissaient en prévision de la rentrée : « la rentrée s’annonce […] particulièrement difficile tant pour les conditions d’études des élèves que pour les conditions de travail des personnels. » Des difficultés notamment du fait de « la crise de recrutement », ainsi que du « nombre de postes étaient vacants en juillet à l’issue du mouvement des titulaires. » Les effectifs ne cessent d’augmenter, cette année c’est 50 000 élèves de plus qui sont entrés dans le secondaire, et les effectifs d’enseignants ne suivent pas.

Capture d'écran du rapport de la DEPP d'avril 2017. En jaune les emplois enseignants et rouge les effectifs d'élèves. (source l'US d'août 2017)

Capture d’écran du rapport de la DEPP d’avril 2017. En jaune les emplois enseignants et rouge les effectifs d’élèves. (source l’US d’août 2017)

L’Essonne ne fait pas exception face à cette tendance générale. Selon le site de la FSU Essonne (fédération syndicale unitaire), le département connaît « une tension des effectifs » dans les collèges et les lycées. « Les effectifs sont à la hausse, avec des classes de 30 ou 31 élèves en collège, et 36 ou 37 pour le lycée » peut-on également lire. Tension qui ne saurait se combler sans des effectifs enseignants suffisants.