Le quartier de la Cité de l’air rompt avec le paysage qui l’entoure à Athis-Mons. Derrière les immeubles, on découvre de petits lopins de terres, et çà et là des pavillons. On compte trois cents logements dans ce quartier, tous locatifs. Ils ont été construits après la seconde guerre mondiale pour loger les salariés de l’aéroport d’Orly qui jouxte le quartier. Ces trente-trois hectares de terrain sont partagés entre deux bailleurs, la direction générale de l’aviation civile (DGAC), et le bailleur social 3F.

Cette zone offre un cadre de vie spécifique et inspiré des cités-jardins à l’anglo-saxonne. La mairie met en avant les qualités paysagères exceptionnelles du site. Mais les logements y sont vétustes, comme on le voit sur cette photo montrant une charpente cabossée.

Un pavillon vétuste de la cité de l'air (MS/EI)

Un pavillon vétuste de la Cité de l’air (MS/EI)

Ainsi, la municipalité projette sur ce territoire la construction d’un écoquartier, afin de reconfigurer la zone. « Le projet aura pour objectif premier la mise en valeur de ce lieu remarquable, avance la municipalité. Il s’agit de perpétuer l’esprit de la cité jardin et d’y développer un écoquartier, mixte et écologique, respectueux de l’histoire du lieu et de ses qualités paysagères. » Mais pour l’heure, le projet n’est pas encore abouti et ne présente que des « orientations », selon la mairie.

La mairie d’Athis-Mons expose des panneaux explicatifs présentant des orientations pour le futur quartier de la Cité de l’air. Le constat établit au début est le suivant : « Depuis son origine, à la fin du XIXe siècle, le concept de la Cité Jardin vise à faire la synthèse entre la ville et la campagne. » Le projet vise donc à s’appuyer sur ces structures existantes, et à les transformer en « écoquartier contemporain » avec « un faible impact environnemental. » Le projet sera réalisé notamment avec les « 2/3 de la superficie » réservés « en espaces verts. » Le bâti proposé sera mixte, logements collectifs ou logements individuels par exemple. On prévoit également un parking en sous-sol équipé de bornes électriques. L’agenda provisionnel s’étend sur dix ans de travaux, débutant en 2017.

Plan pour le futur écoquartier de la cité de l'air (MS/EI).

Plan pour le futur écoquartier de la Cité de l’air (MS/EI).

Le projet provisionnel a été soumis à une autorité environnementale, la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie d’Ile-de-France (DRIEE). L’organisme a été sollicité pour comprendre comment l’environnement est pris en compte dans ce projet. Le rapport de cette institution met en avant un projet qui « vise à densifier ce quartier d’habitat principalement sur ses franges et à développer une offre commerciale nouvelle. »

Toutefois, le rapport pointe certains « manques » dans ce projet. Il est qualifié de « trop général » et maigre de « données chiffrées  » quant au nombre de « logements créés » ou « à la surface de planchers développés » ou les « plans précis. » La DRIEE met aussi en avant le fait que les informations quant au nombre de constructions et destructions de logements sont insuffisantes.

Extrait de l'avis de la DRIEE sur le nouvel écoquartier de la cité de l'air (MS/EI)

Extrait de l’avis de la DRIEE sur le nouvel écoquartier de la cité de l’air (MS/EI)

Des locataires inquiets

L’amicale des résidents de la Cité de l’air (ARCA) exprime également des réserves face à ce projet et ces zones d’ombre. Selon Etienne Fortin, directeur de l’association, « Nous sommes favorables à une réhabilitation du quartier, mais pas à la destruction des logements. » Mais quoi qu’il en soit, les locataires « ne sentent pas l’urgence du projet encore. » Il est encore en phase de préparation. Le 13 septembre, la mairie a fait une présentation du projet, mais celle-ci est qualifiée de « générale et succincte » par M. Fortin. « Nous n’avons pas eu de présentation de logements alternatifs » ajoute-t-il.

Les inquiétudes des riverains concernent donc essentiellement les solutions de relogement futures. « Il n’y a pas d’obligation de nous reloger au même endroit » explique-t-il, « certains locataires sont là depuis quarante ans, nous ne savons pas si dans un autre quartier nous pourrons retrouver la même qualité de vie. » L’ancienneté des habitants est un critère à prendre en compte pour l’ARCA et c’est une chose qu’ils veulent faire peser lors des négociations. Il explique son cas personnel : « lorsque je suis arrivé à la Cité de l’air j’avais deux enfants à charge et donc le droit à un F4, aujourd’hui ce n’est plus le cas alors je ne sais pas ce à quoi j’aurais le droit. »

Selon la DGAC, au moment où les travaux démarreront, des solutions de relogement seront proposées aux locataires faisant partie partie du personnel de l’aéroport d’Orly.

En ce qui concerne les locataires qui occupent les logements illégalement, des avis d’expulsion ont été émis pour douze pavillons jusqu’à présent. Mais pour le reste des habitants, la situation n’est pas encore fixée, (vous pouvez en lire davantage sur le sujet en cliquant ici).

Du 23 octobre au 23 novembre, l’étude d’impact et l’avis de l’autorité environnementale portant sur la création de la ZAC à Athis-Mons seront disponibles à la mairie et sur le site. Les riverains pourront ainsi émettre des commentaires à ce sujet.