Isabelle Boulay est de retour sur le devant de la scène. Après 6 ans d’absence, l’interprète de « Parle-moi » revient avec un nouvel album intitulé « En vérité ». Celle qui va bientôt fêter ses 25 de carrière est actuellement en pleine tournée en France et au Canada afin de présenter son nouvel opus. Ce mercredi, la chanteuse québécoise fait escale dans la salle mythique de l’Olympia avant de se produire dans les théâtres de Longjumeau et de Brunoy les 10 et 11 novembre prochain. Un peu moins d’un mois avant ces échéances, la star de 45 ans, ô combien chaleureuse, nous en dévoile un peu plus sur sa carrière et sur cet album pour lequel ont collaboré des artistes comme Carla Bruni, Julien Clerc ou encore Cœur de Pirate. Interview.

Essonne info : Pourquoi avez-vous mis tant de temps avant de ressortir un album de chansons originales ?

Isabelle Boulay : En fait, cet album je l’ai commencé il y a 5 ans. Et j’avais sans cesse des chansons du répertoire de Serge Reggiani qui revenaient dans ma tête. J’ai pris ça comme un signe et je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque que chose, donc j’ai fait « Merci Serge Reggiani » en 2014. C’est beaucoup plus long de faire un album de chansons originales qu’un album de reprises. Et comme je dis souvent, je suis une ouvrière de la chanson. Donc pendant ce temps, j’ai aussi été coach pour « La Voix » (The Voice) au Québec. C’était important pour moi de m’investir dans une aventure comme celle-là. Ça fait 25 ans que je fais ce métier et c’est important de tendre la main aux autres, de les faire rentrer dans leur passion. Donc voilà, c’est pour ça que j’ai pris tout ce temps.

Votre album est sortit en mai, et a immédiatement provoqué un véritable tollé en se positionnant tout en haut du classement des ventes francophones de la semaine au Canada. Une véritable satisfaction non ?

C’est sûr que je ne vous dirai pas que ça ne me fait pas plaisir. En fait, je n’ai jamais rien pris pour acquis. Il y a toujours une sorte de mise en danger quand on propose quelque chose de nouveau. Mais mon public connaît ma façon de travailler. J’ai toujours mis beaucoup de soins à faire mes musiques et mes spectacles, et ça donne du baume au cœur de voir les gens se précipiter pour aller acheter mon album. Mais voilà, ça ne tombe pas du ciel, tout ça c’est aussi dû à une certaine somme de travail. Je suis une vraie bosseuse, et Benjamin (Biolay) aussi.

Vous évoquez Benjamin, c’est une nouvelle fois lui qui est aux manettes de ce nouvel album.

Oui, c’est le 5e album que je fais avec lui. C’est un vrai confort de travailler avec Benjamin. On se connaît très bien, il n’y pas besoin de tout lui expliquer, il me comprend très bien. En plus il a une grande maîtrise de la musique, on se complète vraiment.

Justement, parlez-nous de cet album. Qu’évoque-t-il ? Il y-a-t-il un morceau que vous aimez en particulier ?

J’en suis très fière. C’est l’un de mes plus accomplis. C’est un album qui ouvre des portes, qui accompagne les gens. Qui est là pour faire que les gens se sentent bien. Il est beau comme la vie, il est surprenant. Il y a des choses profondes et graves, et il y a aussi la joie de la vie. C’est un mélange de toutes mes influences, la country, la musique sud-américaine et la grande chanson française. « En vérité » regroupe tout ça. C’est sûr que j’ai un petit faible pour celle-là, mais il y en a plusieurs que j’aime bien. Il y a « Voir la mer » de Carla Bruni et Julien Clerc, ou encore « Le garçon triste » de Louise Verneuil et Flavien Compagnon. Quand on fait un disque, on est le premier public de ce que l’on fait.

Vous avez déjà commencé votre tournée, comme s’est passé votre retour sur scène ?

Ça a très bien commencé. On a joué jusqu’à maintenant dans des salles combles. Il y en a qui me suivent depuis longtemps et qui ont beaucoup aimé ce spectacle. Moi j’adore faire de la scène, on est dans le vrai partage. On imagine souvent le public qui achète nos albums, mais on ne le rencontre que sur scène. Ce mercredi je serai à l’Olympia. Je suis très heureuse d’y revenir après tout ce temps.

Vous venez en Essonne en novembre prochain. Les artistes issus de ce département sont souvent des rappeurs. Aujourd’hui il y a Niska, ou encore PNL, des musiques loin de celles que vous proposez. Avez-vous vraiment un public ici ? Quel regard portez-vous sur ces artistes nouvelle génération ?

Je suis souvent venue en Essonne. Avant la tournée des « Grands espaces » j’ai même fait plusieurs répétitions à Longjumeau. C’est un public assez fidèle ici. Après c’est vrai que la musique que je propose c’est de la grande variété, mais moi j’écoute beaucoup d’autres types de musique. Ado j’écoutais beaucoup de chanson française, mais aussi du heavy métal et du punk. J’écoutais beaucoup de rap aussi, comme IAM, MC Solaar, Joeystarr, Kool Shen. Je m’intéresse à tout ça. Pour moi la musique c’est une expression de caractère. On peut avoir le même caractère tout en l’exprimant de façon différente. J’ai toujours prêté une oreille à ce qui se fait de nouveau. En ce moment il y a un groupe de rap au Quebec que j’adore qui s’appelle Radio Radio. J’aime ce qui est bien fait, il y a de la créativité partout.

Vous avez déjà 25 ans de carrière, où trouvez-vous cette envie de continuer ? Pensez-vous parfois à arrêter ?

La passion est toujours présente. Je pourrais faire encore plusieurs disques, plusieurs spectacles, j’ai encore plein d’idées. J’aime tellement la chanson française que j’espère pouvoir chanter jusqu’à l’âge de Gréco ou d’Aznavour. J’ai commencé tôt à chanter, c’est quelque chose de nécessaire pour moi. Franchement, je ne vois pas encore le jour où j’arrêterai.