Ça y est, c’est sans doute la fin d’un feuilleton qui aura duré plus de deux ans. Ce jeudi 12 octobre, élus de Viry-Châtillon et de Grigny, accompagnés par différents acteurs du territoire se sont réunis pour poser la première pierre d’un ensemble de 32 logements locatifs et de services publics dans le quartier dit de « l’Accroche Nord ». Situé sur le côté castelvirois de la Grande Borne, en bordure de la fameuse D445, ce nouveau programme immobilier qui doit sortir de terre d’ici le premier trimestre 2019 « sera un acte fondateur pour la renaissance de cette tranche de Viry-Châtillon », expliquait le maire de la commune, Jean-Marie Vilain (UDI) en guise de propos introductifs.

« Un vrai trait d’union »

Ce programme immobilier voit le jour au niveau de la grande rue traversante qui serpente désormais au milieu de la Grande Borne, à proximité de l’ancienne place de la Carpe et de ses 86 logements détruits dans le cadre de la première phase de rénovation urbaine du quartier. La réalisation de ce programme immobilier s’inscrit d’ailleurs dans la première phase de rénovation urbaine consacrée à la Grande Borne qui doit prendre fin avant le 31 décembre 2019. « En plus d’être un acte fondateur pour la nouvelle entrée de la Grande Borne, cette réalisation sera un parfait trait d’union entre les différents programmes de rénovation urbaine (Ndlr : ANRU1 et 2) qui vont se succéder », indique Jean-Marie Vilain.

Que prévoit ce nouveau programme immobilier ? « La création de deux îlots, souligne l’architecte en charge du dossier. Tous deux seront assez similaires, avec des espaces de bureaux en rez-de-chaussée et des appartements qui viendront en aplomb des équipements ». Au total, 32 logements verront donc le jour, « de 2 à 3 pièces », avance l’architecte. Au niveau des rez-de-chaussée, le bailleur social en charge de la majorité des appartements de la Grande Borne, Les Résidences Yvelines Essonne (ex Opievoy), aura son agence. Dans l’autre îlot, il s’agira des services publics du Département. « Nous édifierons ici l’une des premières Maisons de l’Essonne, renseigne le président du Conseil départemental, François Durovray. Au sein de cet établissement, nous y retrouverons une maison des solidarités, un centre de planification familial, ou encore une PMI (Protection maternelle et infantile). Il s’agira d’un service public particulièrement novateur ». Des équipements auxquels il va falloir ajouter « un service technique d’une vingtaine de personnes dont le but sera d’entretenir le patrimoine du Département », complète le président de l’Essonne.

Philippe Rio posant la première pierre symbolique de la pharmacie en mars 2015. (JL/EI)

Philippe Rio posant la première pierre symbolique de la pharmacie en mars 2015. (JL/EI)

La hache de guerre enfin enterrée ?

Sur le côté Viry-Châtillon, les pelleteuses, tractopelles et autres grues prennent peu à peu leurs marques pour permettre à ce programme immobilier de voir le jour d’ici le premier trimestre 2019. Toutefois, ce projet devait aller de pair avec d’autres réalisations situées à quelques mètres de là, à cheval entre Viry et Grigny. Outre de nouveaux logements, un bureau de poste, une pharmacie, un centre de santé ou encore un centre de formation professionnelle devaient sortir de terre. Quid de ces projets ? « Aujourd’hui, c’est un parking qui a pris forme au niveau où devait se tenir ce projet », lâche sur un ton quelque peu désabusé Philippe Rio (PCF), le maire de Grigny. Entouré de son équipe municipale, celui-ci avait alors organisé en mars 2015 la pose de la première pierre de ce projet. Car à l’époque, Philippe Rio et son équipe accusaient le maire de Viry de ne pas vouloir signer le permis de construire. Le rassemblement de ce jeudi fut le moment pour Jean-Marie Vilain de régler ses comptes avec son homologue grignois. « Aujourd’hui, nous assistons bien à la pose de la vraie première pierre », lançait-il en accentuant sur le mot « vraie ». « Certains ont prétendu que je ne voulais pas signer le permis de construire. Or il n’était pas encore déposé. Une fois qu’il le fut, nous avons dû agir dans un délai extrêmement court. Nous n’avons pas eu une demi-journée pour y réfléchir ».

Malgré cet « échange de scuds », le maire de Grigny se veut beau joueur. « Même si le projet a évolué depuis, je salue l’intelligence de la réalisation d’une partie de ce programme ». Néanmoins, ce dernier n’a toujours pas trouvé de solution de substitution pour accueillir l’ensemble de ces services dans le quartier. « Un centre de santé et un CMPP doivent ouvrir au niveau de Zac des Radars d’ici 2019, mais concernant le bureau de poste, c’est silence radio pour le moment, déplore Philippe Rio. La pharmacienne recherche un nouveau local plus ouvert sur le quartier, car pour le moment elle souffre économiquement de sa localisation ». La hache de guerre entre les deux élus qui savent désormais manier la truelle semble enterrée de l’aveu des principaux intéressés. Mais pas sûr qu’elle le soit entièrement.