Sauf surprise de dernière minute, il n’y aura qu’un seul tour, pour les élections municipales partielles d’Etampes. Organisé le 12 novembre prochain, ce scrutin concerne l’ensemble des électeurs inscrits sur la commune, puisqu’il s’agit d’élire un nouveau conseil municipal, soit 35 élus qui siégeront jusqu’au prochain renouvellement de 2020 – peut-être reporté à 2021. Depuis la « fin de droit » du mandat de Franck Marlin, réélu député en juin et touché par le non-cumul, le conseil se trouve incomplet, et la préfecture a donc convoqué les Etampois aux urnes (lire notre article).

Les listes qui concourent doivent se faire connaître d’ici le 26 octobre, date limite de dépôt des candidatures à la sous-préfecture. Et selon toute vraisemblance, c’est un duel qui se profile pour ce vote. Les Etampois devraient retrouver un affrontement droite-gauche pour cette municipale partielle. De trois listes d’opposition en 2014, une seule démarche voit en effet le jour cette année. Le conseiller municipal du groupe Etampes solidaire Mathieu Hillaire (FI) a rendu publique sa candidature début octobre. Elu en 2014, il obtient le soutien du Parti communiste, et son chef de file, François Jousset, qui sera troisième de liste.

Baptisée ‘Etampes en commun’, cette démarche d’union de gauche et citoyenne est inédite depuis la prise de la commune par la droite, en 1995. « Nous nous sommes mis d’accord sur un programme et une démarche commune, en partant de nos projets respectifs de 2014 » résume Mathieu Hillaire, qui sera le tête de liste. Accompagné d’Aline Garnier, éducatrice, comme numéro 2, le candidat entend porter un projet alternatif à la politique municipale actuelle. Pour François Jousset, conseiller municipal d’opposition, « il ne peut y avoir de résultat ou progrès à cette élection si on part désunis. Cette année, l’opportunité de s’allier s’est présentée ». L’eau semble avoir coulé sous les ponts entre les deux formations politiques étampoises, qui ne s’étaient pas entendues jusqu’à présent, « nous, on a toujours cherché l’union », assure François Jousset, qui note cette année « plus d’écoute » de la part de son nouveau partenaire.

Marlin est bien candidat

Cette alliance qui se profile pourrait se poursuivre jusqu’en 2020, laissent entendre les protagonistes. Mais les bases commencent à être posées, pour cette campagne expresse qui s’ouvre, durant laquelle Mathieu Hillaire prévoit « des points de rencontre dans les quartiers et un travail de terrain », mais pas de gros meeting. Il entend ainsi marquer sa différence et se positionner sur plusieurs thématiques comme les transports et la gare, l’urbanisme, la santé ou les cantines collectives. Autant de points clivants dans les débats du conseil municipal, et par tribunes interposées de la gazette municipale, qui devraient se poursuivre dans la campagne municipale.

Vue d'Etampes depuis une montgolfière (JL/EI)

Vue d’Etampes depuis une montgolfière (JL/EI)

Pour l’actuelle majorité, qui fait bloc autour de Franck Marlin, les choses se préparent également, bien qu’aucune déclaration publique n’ait été faite. Le premier adjoint Jean-Pierre Colombani a pris les rênes de la commune comme « maire par intérim » depuis août dernier, gérant les affaires courantes comme les conseils municipaux qu’il préside régulièrement. Après une période de silence et paraissant assez occupé, entre l’Assemblée nationale et le sud-Essonne, Franck Marlin confirme sa nouvelle candidature à Essonne Info, quand on lui demande si il sera tête de liste : « oui bien sûr » finit-il par répondre par sms.

Réélu au mois de juin comme député de la 2ème circonscription de l’Essonne (Etampes, Mennecy, Milly), il avait dû abandonner son poste de maire. Le retrouvera-t-il à l’issue du vote du 12 novembre, en laissant ainsi son poste de député à son suppléant Bernard Bouley ? Une question à laquelle ne répond pas encore l’intéressé. Sur les contours de la liste en composition, peu d’information circule, sinon qu’une grande partie des conseillers sortants devraient en être. L’élection municipale d’Etampes aura également une grande incidence sur le visage de la prochaine assemblée communautaire. L’Etampois-Sud Essonne regroupe 38 communes à majorité rurales du sud-ouest du département, et la ville enverra 29 conseillers communautaires au sein du prochain conseil d’agglo… sur un total actuel de 63 membres.

Un nouveau venu à Etampes ?

L’occasion pour Franck Marlin de reprendre pied dans cette intercommunalité où il compte nombre de proches, et actuellement présidée par l’éternel bras-droit Jean-Pierre Colombani ? La réponse se fera bien après l’élection. Autre inconnue, l’implication possible d’une autre personnalité locale dans ce scrutin, à savoir le directeur, et ancien président, de la base de loisirs d’Etampes (Ile de loisirs). Stéphane Pradot, maire de la commune voisine de Saint-Hilaire depuis 2014, vient de quitter son poste de maire et de démissionner de son mandat de conseiller municipal. Ancien collaborateur de Franck Marlin, il pourrait atterrir à Etampes dans son giron, mais sur ce point également, pas encore de réponse de la part du député et son entourage.

Du côté des autres forces politiques locales, dont plusieurs semblent en lambeaux, aucune démarche n’est pour l’instant annoncée. Le conseiller municipal MoDem Tarik Meziane ne souhaite pas rempiler, tout comme le PS qui ne dispose plus d’assez de forces locales. Du côté d’En Marche, Dominique Clavel, qui était suppléant de la candidate macroniste Daphnée Ract-Madoux aux dernières législatives, préfère renoncer aussi : « En marche m’a laissé la latitude de porter une liste à Etampes, je ne le ferai pas. J’ai eu des problèmes pendant la campagne (de juin), je fais de la politique pour rendre service, pas pour avoir affaire à des voyous, prêts à tout pour y arriver ». Chaude ambiance à quelques semaines du vote.