C’était un match à ne pas rater pour les supporters parisiens et amateurs de football féminin. Ce dimanche après-midi, dans les travées du stade Robert Bobin de Bondoufle, des centaines de personnes sont venues assister au deuxième derby de l’ère PFC. Après une victoire éclatante face au FCF 91 Coeur d’Essonne lors de la première journée, les joueuses du PFC recevaient le PSG pour cette 6e journée de D1. Et dans une rencontre qui tourne régulièrement en faveur du PSG ces dernières années, le PFC a su faire mieux que résister. Malgré une nouvelle défaite et un bon lot de frustration, Pascal Gouzènes et ses joueuses peuvent toutefois tirer quelques bons enseignements d’un match que beaucoup voyaient déjà comme pratiquement perdu d’avance.

Au pire des moments

La tentative de Thiney dès les premières minutes donne déjà le ton de cette rencontre. Le PFC a bien l’intention de saisir sa chance et le fait savoir d’emblée (0–0, 2e). Les débats sont pour le moins équilibrés en ce début de rencontre, et le PFC fait preuve d’une belle discipline défensive. Ce sont néanmoins les joueuses de Patrice Lair qui mettent petit à petit le pied sur le ballon. Le Paris FC, bien regroupé en défense, repousse néanmoins les maigres offensives du PSG, comme cette frappe de Maciel bien captée par Benameur (0–0, 8e).

Et après 20 minutes finalement timides, le PFC semble prendre de plus en plus confiance dans cette partie. Sur un corner bien tiré par Thiney, le PFC est même tout proche de trouver la faille, mais le cafouillage dans les 6 mètres de la gardienne parisienne ne profite pas aux Parisiennes vêtues de blanc cet après-midi (0–0, 31e). De quoi tout de même réveiller le PSG qui repart à l’offensive dans la foulée. Le renvoie de la tête de Butel arrive directement dans les pieds de Delie qui se heurte à Benameur avant qu’une tête parisienne sur le corner suivant ne soit elle aussi stoppée par la gardienne des anciennes du FCF Juvisy (0–0, 34e).

Les actions deviennent de plus en plus chaudes dans la surface des Parisiennes du Paris FC, mais les joueuses de Pascal Gouzènes tiennent bon. A noter l’énorme travail de Jaurena et Lahmari dans le cœur du jeu, qui ratissent bon nombre de ballons. Acculé en défense, le PFC ne réagit désormais que sur contre-attaque, et celle lancée par Makanza manque de faire mouche. Mais Bourdieu, bien esseulée entre Paredes et Berglund, envoie sa frappe légèrement au dessus du but du PSG (0–0, 41e). Et alors que les deux équipes se dirigent vers un score nul et vierge à la mi-temps, le PSG va finalement ouvrir le score. Sur un corner bien botté par Maciel, Katoto place une tête imparable pour Benameur, et le PFC encaisse un but au pire des moments, juste avant que Madame Loidon ne siffle la pause (0–1, MT). « On la connaît (Maciel), elle a une super patte gauche, elle met le ballon où elle veut. On concède ce coup-franc à la 45e, et il est arrivé ce qu’il devait arriver », réagit Pascal Gouzènes après la rencontre.

Le PFC y a cru

Le début de seconde période n’est pas bien rassurant pour le PFC. Les joueuses de Patrice Lair monopolisent de nouveau le cuir, et Katoto est proche d’inscrire un doublé. En vue depuis de début de la partie, Benameur est une nouvelle fois à la parade (0–1, 51e). Après une fin de première période animée, l’intensité n’y est plus trop. Le Paris Saint Germain garde le pied sur le ballon, et on voit mal comment le PFC pourrait revenir. Le PSG par contre, semble lui en capacité de doubler la mise. Delie manque de le faire après une bonne combinaison sur coup franc, un cafouillage puis une intervention de Benanmeur sauvent ensuite le PFC (0–1, 67e). Un PFC qui, contre toute attente va finalement se rebeller, et se remettre à y croire alors qu’il reste encore 20 minutes à jouer. Solide sur ses appuies, Thiney parvient à faire la différence avant de lancer Bourdieu. La jeune attaquante réalise l’enchaînement quasi parfait, mais sa frappe passe de nouveau au dessus de la barre de Kiedrzynek (0–1, 70e). On retrouve la capitaine du PFC dans la foulée de cette action, mais son coup-franc fuit lui aussi le cadre (0–1, 74e). Un problème récurrent dans ces 15 dernières minutes totalement à l’avantage du PFC qui pousse pour tenter d’égaliser. « On a mis les ingrédients pour faire un bon match. On a réussi à bien défendre et ensuite à bien ressortir le ballon. Je pense qu’on a assisté à un bon derby », poursuit alors le coach essonnien.

Si les occasions franches se font rares, le PFC fait surtout preuve de trop peu de maîtrise sur coup de pied arrêtés. Le second frappé par Thiney est facilement stoppé par le mur, le suivant de Gréboval, manque de puissance pour inquiéter Kiderkzynek. Et si le PSG trouve le poteau de Benameur, Otaki pense bien libérer les siennes en arrachant le match nul dans les toutes dernières secondes de la partie. Le centre de Thiney est parfait, sa tête l’est tout autant, et le ballon finit sa course au fond des filets au terme d’une action remarquable. Dans le public, on exulte, mais la joie sera de courte durée. L’arbitre siffle un hors jeu inexistant, et le PFC s’incline finalement sur la plus petite des marges. « On a fait un bon match, mais on retient la défaite qui a un goût amer surtout après ce but refusé », lance quant à elle Anissa Lahmari auteure d’une belle partie aux côtés d’Inès Jaurena. « On a démontré qu’on avait pas peur du PSG, mais aujourd’hui, c’est frustrant ». Une frustration compréhensible après cette courte défaite qui laisse le PFC à la 5e place avec 10 points.

Le but refusé à Otaki :