3,5 milliards d’euros : c’est le coût total estimé par ExpoFrance de ce ‎chantier pharaonique qui s’annonce, dans le cas où la France est choisie pour accueillir l’exposition universelle 2025.  « Ce sera une expo sobre en argent public » assure Valérie Pécresse, qui promet par contre que « les retombées économiques du projet seront exponentielles ». Le GIP – Groupement d’intérêt public et le comité ExpoFrance, ont en effet préparé un montage financier dédié à la construction et l’exploitation du site de l’Expo 2025.

Notre dossier : le Village global se construit sur le Plateau

Ce « modèle économique innovant » a été en partie dévoilé, lors de la présentation de la candidature française. « Ce budget de 3,5 milliards d’euros est autofinancé » se réjouit par avance Jean-Christophe Fromantin, le président du comité. Il donne ainsi l’exemple de la Tour Eiffel, construite en 1889, « qui avait été financée grâce à une concession de 40 ans ». Pour le projet d’Expo 2025, le maître d’ouvrage mise en effet sur une concession de 50 ans pour la future Société du globe, qui sera amenée à édifier puis exploiter le globe de 60 mètres de haut, deux halls d’exposition et une salle de spectacle, les bâtiments principaux censés être pérennisés après la tenue du rendez-vous international.

Le modèle économique de l'Expo 2025 tel que présenté par le GIP ExpoFrance 2025 (DR/ExpoFrance 2025)

Le modèle économique de l’Expo 2025 tel que présenté par le GIP ExpoFrance 2025 (DR/ExpoFrance 2025)

La coordination du projet d’ensemble, son suivi, sa partie opérationnelle et son volet institutionnel seront confiés au comité ExpoFrance, tandis qu’un délégataire sera choisi pour exploiter le Village global sur une durée de 7 ans. Cet exploitant devra construire et gérer le Village global et ses pavillons, et bénéficiera des recettes de billetterie pour rentrer dans ses frais. Sur une base de calcul de 35 euros par entrée, les six mois d’exposition universelle seraient ainsi rentables. Le comité ExpoFrance compte sur le reversement de redevances pour assurer son propre fonctionnement, en plus des grandes entreprises mécènes qui le financent jusqu’à présent.

Les collectivités injecteront 100 millions

L’Etablissement public d’aménagement, ‎déjà en charge de l’urbanisation des deux ZAC, garderait pour sa part la main sur le projet urbain d’ensemble. Il réaliserait les équipements publics nécessaires comme les nouvelles infrastructures. A partir de 2026, il aurait la charge de la suite des droits à construire sur cette nouvelle ZAC. En échange du foncier mis à disposition pour la société de l’Expo 2025, l’EPA récupérerait dès la fin de l’événement la gestion des parcelles construites. Une autre société devra quant à elle porter la construction puis exploiter les parkings temporaires créés pour l’occasion, puis les démanteler.

Si le modèle économique « innovant » présenté est autofinancé, avec chaque structure impliquée censée rentrer dans ses frais, les collectivités sont appelées à financer les aménagements routiers, voire réorganiser les liaisons en transports en commun. Lors de son dernier conseil communautaire, l’agglo Paris-Saclay a en effet voté un engagement de 35 millions d’euros (à côté du Département qui flèche 67 M€) pour le projet, notamment en vue de boucler les liaisons routières comme les nouveaux ponts qui doivent enjamber la N 118. Il est également demandé aux collectivités porteuses du projet de garantir l’éventuel déficit de la ZAC.