Un beau synthétique, du soleil, des supporters… et surtout des joueurs. Toutes les conditions étaient réunies pour assister à une belle rencontre de football ce vendredi après-midi. Au menu du jour, un tournoi grandeur nature composé de 9 équipes de 8 joueurs. Des matchs de 20 minutes, de 30 pour la finale. Pas de trophée en jeu, juste la sensation de s’être évadé le temps d’une journée. Car si l’esprit de compétition est bien présent sur, et en dehors de la pelouse, ce tournoi n’est vraisemblablement pas un tournoi comme les autres. Ce tournoi, c’est l’association Coallia qui l’organise. Créée en 1962 sous le nom de Aftam par Stéphane Hessel, cette association a toujours œuvré en faveur de l’insertion sociale et professionnelle. Et si les services proposés sont nombreux, les demandeurs d’asile sont au cœur des débats en ce vendredi. Interdits de travailler dans l’attente de recevoir leur droit d’asile, ces derniers n’ont souvent pas de bien meilleurs choix que de rester confinés au sein des centres d’hébergement de l’Hexagone.

Pour cette journée footballistique, ils sont environ 80 au sein de ce complexe sportif Jean-Louis Moulin d’Evry. « C’est une journée qu’on avait déjà organisé au mois de juin sur une demande des résidents. On a eu que des bons retours, c’est ce qui nous permet aujourd’hui de recommencer », explique Vanessa, organisatrice de ce tournoi. « Presque tous sont dans des procédures très longues. Le but c’est de faire que les différentes structures, de différentes villes et de publics différents se rencontrent », ajoute-t-elle épaulée par Nicole, exerçant au foyer jeunes travailleurs de Vigneux-sur-Seine. Sur la pelouse on retrouve alors des résidents de ce foyer, mais aussi des résidents des Centres d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) d’Evry, de Quincy-sous-Sénart, ou encore des Centres d’hébergement d’urgence (CHU) de Créteil et de Villeneuve-Saint-Georges.

Les encadrants comme arbitres ou comme coach, le tournoi peut alors démarrer. La bonne humeur est au beau fixe, la compétition aussi, mais, il faut l’avouer, pas toujours le talent, même si certains ne manient visiblement pas le ballon pour la première fois. Mais qu’importe, aujourd’hui l’enjeu n’est définitivement pas la priorité, seuls les sourires comptent. « D’habitude on est quasiment toujours à la maison. C’est une journée très importante pour nous. Ça change les idées, et on partage », se satisfait Zourkaleini, Nigérien de 32 ans résident au Cada de Quincy-sous-Sénart depuis maintenant 16 mois. Une journée assurément divertissante pour ces demandeurs d’asile qui, grâce à Coallia, peuvent notamment assister à des cours de français, ou encore à des pièces de théâtre en attendant un avenir un peu plus glorieux.