Voilà plusieurs semaines que les salariés du site Nokia de Nozay, ex-Alcatel Lucent attendent le couperet : leur direction a annoncé un plan de suppressions d’emplois en France qui concerne près de 500 postes à Villarceaux. Les fonctions supports et la sous-traitance devraient principalement faire les frais de ce plan social, le groupe souhaitant regrouper certaines de ses activités dans des « hubs » européens, et concentrer en France sa recherche de pointe (lire notre articleabonnés).

Sollicités par les représentants des salariés, l’Etat, avec la députée Marie-Pierre Rixain ont tour à tour reçu les syndicalistes et la direction de Nokia France en septembre, avant d’organiser une réunion tripartite, ce lundi 2 octobre au ministère. Au sortir de cette rencontre, Nokia s’est de nouveau engagé à procéder à un total de 500 embauches en Recherche et Développement (R&D), qui conduira au « maintien de volume d’emploi à 4 200 salariés » en France selon le groupe, avec « l’objectif de 2 500 ingénieurs en R&D d’ici la fin de 2018 ». L’entreprise affirme ainsi que son programme de recrutement « est dans une phase d’accélération ».

« Rien ne bouge d’un iota concernant le PSE » regrette pour sa part Claude Josserand, délégué central CGT de Nokia, pour qui la « seule avancée » concerne cette montée en puissance promise en matière d’emplois en R&D. Selon l’intersyndicale, qui réfléchit encore aux prochaines modalités d’action pour contester les pertes d’emplois à Nozay, « la direction peine à justifier ce plan constitué essentiellement de délocalisations, alors même que le groupe a présenté en 2016 des résultats opérationnels ainsi qu’une trésorerie confortables et distribué 4,4 milliards d’euros aux actionnaires ».

Les syndicats demandent au sortir de la rencontre ministérielle, « la remise à plat du PSE avec a minima une baisse drastique des suppressions d’emplois et aucun licenciement coercitif », et annoncent désormais vouloir interpeller les groupes parlementaires. Du côté de la direction de Nokia France, son président Thierry Boisnon préfère insister sur les promesses qui seront tenues en matière d’embauche, « en présentant un point très complet de l’état d’avancement de chacun de ces engagements ». Il dit également souhaiter « que nous puissions continuer à travailler avec les instances représentatives du personnel dans un esprit de dialogue et de respect mutuel au cours des semaines à venir ».