Deux cars remplis déposent les manifestants devant la préfecture. Le pas assuré, hommes, femmes et enfants avancent pour se rassembler devant les grilles blanches de la cité administrative à Evry. Voilà déjà plusieurs mois qu’ils se battent pour empêcher leur expulsion de la Cité de l’air d’Athis-Mons (lire notre articleabonnés). Il y a un an, des familles venues de Syrie s’installaient dans ces anciens baraquements de l’Aviation civile, situés en bordure des pistes d’Orly. Une arrivée qui a provoqué un élan de solidarité des alentours pour les accompagner dans leur parcours pour être reconnus réfugiés.

Notre reportage auprès des familles syriennes de la Cité de l’air (février 2017)

Certaines familles habitant la cité de l’air à Athis-Mons manifestent ce mercredi après-midi pour revendiquer le droit pour leurs enfants d’aller à l’école. Des associations, comme le DAL (droit au logement) et l’AJAR (association juvisienne d’aide aux réfugiés), sont présentes pour soutenir cette demande. Environ quatre-vingt personnes sont rassemblées et scandent ensemble les slogans: « so-so-solidarité », « qu’est-ce qu’on veut ? un toit ! » Les banderoles et drapeaux jaunes du DAL tapissent la scène. Dans une ambiance plutôt optimiste et bon enfant, des hommes tapent sur des darboukas (des instruments à percussion oriental) pour éveiller l’entrain des manifestants.

Des mères de famille syriennes sont là et « espèrent qu’ils vont accepter de scolariser les enfants ». L’une d’elle précise l’objet de leur venue à Evry ce jour : « Nous sommes en France depuis peu. En Syrie, nos enfants allaient à l’école mais depuis un an ils n’y vont plus. Ils ne parlent qu’arabe. Nous voudrions un logement permanent et la chance pour nos enfants d’aller à l’école« .  Des citoyens et membres d’association sont également présents pour témoigner leur soutien, à l’image de Lydwine. « Les enfants sont les otages de la situation. Il faut se demander ce qu’ils vont devenir quand ils seront grands. On s’indigne de ce qui se passe dans des zones de guerre, mais regardez ce qu’il se passe ici  » constate-t-elle. La conviction des manifestants est que l’éducation est un droit pour tous en France et qu’il se doit d’être appliqué. « Nous, si on désobéissait à la loi comme cela, nous serions mis en prison », commente une des membres de l’AJAR.

12 familles en attente d’expulsion

Malgré le refus de la préfecture de recevoir une délégation de manifestants, leurs cris ne faiblissent pas. « Qu’est-ce que la francophonie si le français n’est même pas appris à tous en France ? « , clame un des membres du DAL, le mégaphone à la main. Leur présence devant la préfecture marque une nouvelle étape dans les démarches effectuées par ces familles et leurs soutiens, qui estiment que la ville ne répond pas à leurs attentes.

Les enfants de la Cité de l’Air seraient environ 70. Certains d’entre eux ont pu être scolarisés depuis l’an dernier. « Une quinzaine » affirme Christine Rodier, la maire d’Athis-Mons. C’est le cas de Mohammed, un jeune Syrien de 12 ans, qui a fait sa rentrée en 6ème cette année et « qui apprend le français en classe, avec ses camarades de classe« .

Pour la plupart des enfants, il semble que la solution ne soit pas des plus faciles à trouver selon la municipalité. « Les classes sont surchargées et il est impossible de scolariser autant d’enfants » explique Christine Rodier. Les occupants de la Cité de l’air restent donc encore dans une situation précaire, particulièrement douze familles qui ont reçu un jugement d’expulsion, la cité de l’air devant être reconvertie en éco-quartier d’après un projet annoncé par la ville. Du côté de la préfecture, nos demandes d’explications n’ont pas encore eu de retour.