Appel du projet de loi 21 : La commission scolaire anglophone affirme que la loi est un  » affront  » aux valeurs des anglophones du Québec.

MONTRÉAL – La loi sur la laïcité du Québec est un affront à la dignité et aux valeurs de la communauté anglophone de la province, a déclaré mercredi un avocat représentant la plus grande commission scolaire anglophone de la province lors d’une audience de la Cour d’appel.

La diversité religieuse est un mode de vie dans les écoles anglophones du Québec, a soutenu Perri Ravon devant le plus haut tribunal de la province, qui entend plusieurs contestations de la loi qui interdit à certains travailleurs du secteur public de porter des symboles religieux au travail.

« Les commissions scolaires anglophones ont vécu le projet de loi 21 comme un affront à leur identité et à leurs valeurs », a-t-elle dit.

Il importe peu, a-t-elle ajouté, que la loi soit soutenue par la majorité des Québécois – un argument que le gouvernement du Québec a avancé à maintes reprises pour défendre cette loi controversée.

« Ce qui est important, » a ajouté Mme Ravon, « c’est qu’elle est incompatible avec la culture de la minorité. »

Le gouvernement du Québec et les groupes qui s’opposent à la loi contestent une décision du tribunal d’avril 2021 qui a largement confirmé la loi controversée sur les symboles religieux.

La décision du juge Marc-André Blanchard de la Cour supérieure a annulé les dispositions de la loi relatives aux commissions scolaires anglophones parce que les droits des minorités de langue officielle sont protégés par la Constitution – et ne sont pas soumis à la clause dérogatoire invoquée par le gouvernement.

M. Blanchard a statué que, contrairement à leurs homologues de langue française, les écoles de langue anglaise pouvaient continuer à embaucher des enseignants qui portent le hijab.

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Manuel Klein, qui représente le gouvernement du Québec, a soutenu mardi que la loi ne menace en rien la culture des anglophones du Québec, ajoutant que le projet de loi 21 devrait s’appliquer également à tous les élèves de la province.

« La loi 21 n’a absolument aucun effet sur l’érosion culturelle de la minorité linguistique », a-t-il fait valoir. « L’expérience éducative doit être équivalente à celle de la majorité », a-t-il dit.

Julius Grey, avocat représentant l’organisme anglophone Québec Community Groups Network, a déclaré mercredi à la Cour d’appel que le recrutement et l’affectation du personnel scolaire, notamment des enseignants, « doivent être évalués avec la portée que la minorité veut lui donner, et non avec la restriction que la majorité voudrait lui donner. (…) Ce n’est pas à la majorité de dicter la définition de la culture de la minorité. »

Ce reportage de La EssonneInfo a été publié pour la première fois le 9 novembre 2022.

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